Des chefs autochtones pressent l'UE de prendre des mesures contre la déforestation

Des chefs autochtones pressent l'UE de prendre des mesures contre la déforestation
Des chefs autochtones pressent l'UE de prendre des mesures contre la déforestation - © OPHELIE DELAROUZEE - BELGA

Une dizaine de chefs autochtones et de défenseurs des droits humains venus de Colombie, d'Indonésie, du Libéria, de la République démocratique du Congo et du Ghana se sont réunis vendredi devant la Commission européenne pour réclamer le respect par l'UE de son engagement à enrayer la déforestation d'ici à 2020.

L'Union européenne, en tant que première importatrice de cacao, deuxième de soja et d'huile de palme, et source d'une demande importante de bœuf d'Amérique latine, figure parmi les responsables de la déforestation engenrée par l'agriculture dans les pays du Sud. D'après un rapport interne, la demande européenne entre 1990 et 2005 a entrainé la déforestation d'une superficie équivalente à celle du Portugal.

"Respecter les droits fondamentaux des populations locales"

"Nos vies dépendent de la forêt. Les communautés locales ont perdu et continuent de perdre leurs moyens de subsistance", explique Franky Samperante, membre de l'ONG indonésienne Pusaka, présent vendredi à Bruxelles.

Pour Jean-Marie Nkanda, représentant congolais du Réseau Ressources naturelles (RRN), "les droits fondamentaux des populations locales qui vivent autour des plantations doivent être respectés", insiste-t-il.

"Intérêts économiques des Etats membres"

Reconnaissant l'envergure du problème en 2013, le parlement européen et le Conseil ont chargé la Commission d'élaborer un plan d'action, qui a été suivi deux ans plus tard par l'engagement international de l'Union européenne de mettre un terme à la déforestation d'ici 2020. Une étude de faisabilité a ensuite dégagé 20 solutions stratégiques de lutte contre la déforestation, mais à ce jour elles sont restées lettre morte.

"Plusieurs Etats membres, comme la France ou l'Allemagne, ont formellement demandé à la Commission de proposer quelque chose. Mais elle ne veut pas le faire pour des intérêts économiques évidents", dénonce l'ONG Fern, qui suit l'implication de l'Union européenne dans les forêts et coordonne les activités des ONG à cet égard à l'échelon européen. Pour l'organisation, "la Commission a peur que ces mesures affectent sa politique commerciale, surtout qu'un accord de libre-échange est en négociation avec les pays du Mercosur".

Vendredi, les militants ont remis une pétition signée par près de 150.000 personnes au cabinet du vice-président de la Commission, Jyrki Katainen. "Il est urgent que la Commission agisse si l'UE veut honorer son engagement de 2020", affirme Fern.

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