Des carrousels pour produire de l’électricité dans les écoles ghanéennes

Dans les zones reculées du Ghana, où les raccordements au réseau électrique sont rares, une ONG installe des dispositifs équipés de générateurs et de lampes. Le but : permettre aux enfants des zones rurales de pouvoir faire leurs devoirs le soir.

La route d’asphalte de la capitale a depuis longtemps laissé place à de la terre et à d’énormes nids-de-poule. Une quarantaine de kilomètres séparent Accra d’Obosono, une bourgade rurale nichée dans les collines. La plupart des habitants vivent de l’agriculture et ne disposent pas de l’électricité.

"Notre but est d’amener le courant dans les zones les plus reculées du pays pour permettre aux enfants d’étudier le soir", souligne Isaac Darko-Mensah, le représentant au Ghana de Empower Playgrounds Inc.

30 minutes de carrousel la recharge

L’ONG américaine installe depuis 2008 des carrousels dans les cours des écoles du pays. Les enfants font tourner le dispositif, qui alimente un générateur et recharge des lanternes. "Si la batterie est complètement à plat, il faut environ jouer 30 minutes avec le carrousel pour les recharger", poursuit-il.

A l’école d’Obosono, le carrousel a été installé en septembre 2019. Les quelque 187 élèves se répartissent 34 lanternes. "A la fin de la journée, nous fournissons une lanterne à un responsable, chez qui les devoirs seront faits", avance Emmanuel Dzidefo-Akporlu, le directeur de l’école, qui promeut également le "travail d’équipe".

"Les enfants sont répartis en fonction de leur zone de résidence, car la plupart vivent assez loin de l’école, et cela permet aussi aux plus âgés d’aider les plus jeunes à faire leurs devoirs."

Au Ghana, il n’y a pas de crépuscule, et il fait nuit toute l’année à partir de 18 heures. Dès lors, il devient difficile pour les enfants des zones rurales, sans accès à l’électricité, de pouvoir faire leurs devoirs le soir.

"Une énorme différence pour la réussite des enfants"

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"Avant l’installation du carrousel, je n’arrivais pas à faire dans le noir les exercices demandés", témoigne Comfort Adjola, une écolière de 14 ans. © Dylan Gamba

"Avant l’installation du carrousel, je n’arrivais pas à faire dans le noir les exercices demandés", témoigne Comfort Adjola, une écolière de 14 ans. La jeune fille est responsable d’une lanterne. "Chaque soir, avec un groupe de trois autres écoliers, nous travaillons chez moi de 19 heures jusqu’à 21 heures et si les plus jeunes ont des problèmes pour certains exercices, nous les aidons", soutient-elle.

Même son de cloche du côté de Cynthia Frimpong. "Je n’ai pas l’électricité à la maison et comme j’habite loin de l’école, cela me permet de faire mes devoirs le soir, et non le matin même", témoigne-t-elle.

Les professeurs ont rapidement constaté les effets positifs des carrousels. "Avant l’installation du dispositif, les enfants faisaient souvent leurs devoirs le matin même en arrivant à l’école, car certains vivent à plusieurs kilomètres et le temps d’arriver chez eux, il fait déjà nuit", souligne Raphaël Kwao, enseignant en sciences sociales, pour qui le carrousel "fait une énorme différence pour la réussite des enfants".

Depuis une dizaine d’années, quelque 60 carrousels ont été installés à travers tout le pays. L’ONG tente également d’étendre le dispositif dans la région. " Nous en avons également installé deux au Mali et un au Burkina ", avance Isaac Darko-Mensah.