Dérives autoritaires en Turquie: l'UE coincée par l'accord sur les réfugiés

Le premier ministre turc Ahmet Davutoğlu, le président du Conseil européen Donald Tusk et le président de la Commission Jean-Claude Juncker lors du sommet qui a vu aboutir l'accord sur les réfugiés
Le premier ministre turc Ahmet Davutoğlu, le président du Conseil européen Donald Tusk et le président de la Commission Jean-Claude Juncker lors du sommet qui a vu aboutir l'accord sur les réfugiés - © THIERRY CHARLIER - AFP

Selon Fethullah Gülen, qui est accusé d’être le cerveau du coup d’Etat manqué en Turquie le 15 juillet dernier, la justice turque n’est pas indépendante. Le prédicateur exilé aux Etats-Unis est visé par un mandat d’arrêt turc. Fethullah Gülen voit dans ce mandat d’arrêt un nouvel exemple de la dérive autoritaire du président Erdogan.

Des dérives aussi fortement critiquées dans l'Union européenne. La purge menée en Turquie depuis le putsch avorté est vivement dénoncée, à tel point que le chancelier autrichien a appelé mercredi à suspendre les pourparlers d’adhésion de la Turquie à l’UE. Ce vendredi, par plateau de télévision et Twitter interposés, les ministres des Affaires étrangères autrichien et turque ont réglé leurs comptes. Après que le ministre turc ait qualifié l'Autriche de "capitale du racisme radical", l'Autrichien a appelé son homologue à "modérer son langage et ses actes".

Une grave erreur de politique étrangère

L'appel autrichien à mettre fin au processus d'adhésion de la Turquie a été rejeté jeudi par Jean-Claude Juncker. Cependant, le président de la Commission européenne reconnaît que la Turquie, dans son état actuel, ne remplit pas les conditions d'une adhésion à l’Union européenne. En particulier si elle rétablit la peine de mort, comme cela a été évoqué par le président Erdogan. Mais pour Jean-Claude Juncker, rompre les négociations d’adhésion serait une grave erreur de politique étrangère.

Une rupture avec Ankara inenvisageable

C’est que la Turquie est un partenaire clé des Européens dans la gestion de la crise migratoire. Grâce à l’accord controversé signé en mars entre Turcs et Européens, les arrivées de réfugiés en Grèce ont chuté. Une rupture avec Ankara marquerait la fin de cet accord.

L'accord UE-Turquie était d'ailleurs déjà sous pression avant le coup d’état manqué. A plusieurs reprises déjà, le président Erdogan a menacé de ne plus freiner le flux de migrants en mer Égée si les Européens ne supprimaient pas les visas pour les Turcs voyageant en Europe.

Voilà qui explique sans doute pourquoi jusqu’ici les Européens condamnent mais ne sanctionnent pas la Turquie.

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