Départ de John Bolton le 'va-t-en guerre': quel impact sur la politique étrangère de Donald Trump ?

John Bolton derrière le Président Donald Trump dans le bureau ovale à la Maison Blanche, le 13 mai 2019.
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John Bolton derrière le Président Donald Trump dans le bureau ovale à la Maison Blanche, le 13 mai 2019. - © BRENDAN SMIALOWSKI - AFP

Fidèle à ses habitudes, Donald Trump a annoncé le limogeage de l’un de ses proches collaborateurs, dans un tweet tonitruant. Cette fois, il s’agit du sulfureux John Bolton, conseiller à la sécurité nationale : "J’ai informé hier soir John Bolton que la Maison Blanche n’avait plus besoin de ses services", a-t-il écrit, soulignant qu'il "était fortement en désaccord avec beaucoup de ses suggestions".

Quelques minutes après l’annonce de Donald Trump, John Bolton a rectifié dans un tweet, en écrivant avoir lui-même proposé de quitter son poste volontairement. "J'ai proposé de démissionner hier soir et le président Trump a répondu : Parlons-en demain".

Démission ou limogeage, Exit donc, ce conseiller à la sécurité nationale, surnommé 'le va-t-en-guerre', tant il avait adopté une ligne dure face aux régimes nord-coréen, afghan, iranien… Autant de dossiers brûlants sur lesquels les deux hommes s’opposaient, parfois avec véhémence. Autant de discordes qui expliquent probablement en partie, les nombreux messages contradictoires de Donald Trump.

Face à Téhéran : une ligne dure contre une volonté de dialoguer

L’épisode des frappes américaines en Iran stoppées in extremis en juin dernier, est un exemple flagrant des nombreux cafouillages diplomatiques. Le président des États-Unis avait renoncé à lancer des frappes prévues contre des cibles iraniennes après la destruction par Téhéran d’un drone militaire américain dans le détroit d’Ormuz.

John Bolton était bien de ceux qui soufflaient sur les braises, contre l’avis du Pentagone, le département de la défense…

Depuis cet épisode, le discours de Donald Trump à l’égard de Téhéran n’a cessé d’osciller entre extrême fermeté et volonté de négocier. Récemment, il a même suggéré de rencontrer sans conditions préalables son homologue iranien Hassan Rohani.

John Bolton est depuis longtemps sur une ligne dure face à Téhéran. En 2015, il avait publié une tribune dans le New York Times sous le titre : "Pour arrêter l'Iran, il faut bombarder l'Iran".

Peu après son entrée en fonction à la Maison Blanche, il a fait en sorte que Donald Trump se retire de l'accord international sur le nucléaire iranien, négocié par son prédécesseur Barack Obama, et impose de nouvelles sanctions au pays.

Cette éviction de John Bolton intervient donc dans un climat particulièrement tendu entre les Etats-Unis et l'Iran. Mais il est trop tôt pour dire si cette décision marquera un tournant dans la politique étrangère de Donald Trump. D'autant que le Chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, affiche également de son côté une ligne dure face à Téhéran...

Téhéran pas convaincu

Le limogeage de John Bolton ne convaincra pas Téhéran d'entamer des négociations avec les Etats-Unis, a réagi le représentant iranien aux Nations unies.

"Le départ du conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton, (...) ne poussera pas l'Iran à reconsidérer sa position en ce qui concerne les discussions avec les Etats-Unis", a déclaré Majid Takhteravanchi, excluant tout dialogue avant la levée des sanctions américaines.

Le président iranien Hassan Rohani a quant à lui invité l'administration américaine à mettre fin à sa politique de "pression maximale" et a promis que Téhéran continuerait à s'affranchir des obligations prises dans le cadre de l'accord international de 2015 sur son programme nucléaire.

Mais il a affirmé que son pays était prêt à respecter le pacte seulement si les Etats-Unis en faisaient de même.

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran, ennemis historiques, sont exacerbées depuis le retrait de Washington en mai 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien. Le texte, qui visait à empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, était jugé trop laxiste par le président américain Donald Trump.

Washington a depuis rétabli des sanctions draconiennes qui asphyxient l'économie iranienne. En réponse, Téhéran s'est affranchi progressivement de certains de ses engagements pris en vertu de l'accord de 2015.

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