Dénucléarisation nord-coréenne: Mike Pompeo reporte à la dernière minute une rencontre avec la Corée du Nord

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo lors d'une conférence de presse à Washington, le 23 octobre 2018
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Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo lors d'une conférence de presse à Washington, le 23 octobre 2018 - © ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Nouveau contretemps dans les négociations sinueuses sur la dénucléarisation de la Corée du Nord: le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a reporté à la dernière minute, et sans avancer de raison, une rencontre prévue jeudi avec le bras droit de Kim Jong Un.

Cette réunion, qui devait avoir lieu à New York avec Kim Yong Chol, un des plus proches collaborateurs du dirigeant nord-coréen, sera organisée à nouveau "à une date ultérieure", "quand nos agendas respectifs le permettront", a simplement annoncé mardi en fin de soirée la porte-parole du département d’État américain Heather Nauert.

Mike Pompeo devait profiter de ce nouveau rendez-vous pour tenter d'arracher des progrès concrets dans le dossier épineux de la dénucléarisation et pour préparer un nouveau sommet entre le président américain Donald Trump et Kim Jong Un.

"Les discussions en cours se poursuivent", a assuré Heather Nauert. "Les États-Unis restent concentrés sur le respect des engagements pris par le président Trump et le président Kim au sommet de Singapour en juin".

Interrogée par l'AFP sur les motifs de ce report, elle n'a pas souhaité faire davantage de commentaires.

Mais à Séoul, Yang Moo-jin, professeur à l'Université des études nord-coréennes, a vu un mauvais signe dans ce report.

"Cette annonce de report à la dernière minute n'est pas un bon signe car elle indique que les négociations n'avancent pas suffisamment bien pour permettre la tenue de la réunion", a-t-il dit.

Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a jugé le report "regrettable" mais estimé que les "interprétations exagérément pessimistes" ne se justifiaient pas.

"Il y a déjà eu par le passé des exemples de reports de discussions entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, ce qui fait qu'il n'y a pas de raison de troquer l'espoir pour l'inquiétude", a déclaré aux journalistes un haut responsable du ministère.

A Singapour, lors de leur premier tête-à-tête historique, en juin, l'homme fort de Pyongyang avait promis au président des Etats-Unis d'oeuvrer en faveur d'une "dénucléarisation complète de la péninsule coréenne".

Mike Pompeo a ensuite été chargé de négocier, notamment avec Kim Yong Chol, l'un des plus hauts dirigeants nord-coréens, le contenu et le calendrier de cet engagement encore vague. Mais ces négociations de suivi patinent et ont déjà subi plusieurs coups de frein.

Menace nord-coréenne

Début juillet, le secrétaire d'Etat américain était ainsi rentré bredouille d'une visite en Corée du Nord, et fin août, Donald Trump avait annulé à la dernière minute un autre déplacement prévu de son ministre à Pyongyang, reconnaissant pour la première fois l'absence de progrès suffisants.

Depuis, les négociations semblaient relancées avec, en ligne de mire, un deuxième sommet dans un futur proche.

"Nous aurons une bonne occasion de poursuivre les discussions autour de la dénucléarisation", avait déclaré dimanche Mike Pompeo en annonçant sa prochaine rencontre avec Kim Yong Chol.

"Je m'attends à ce que nous fassions de réels progrès, notamment pour que le sommet entre nos deux dirigeants puisse se tenir", avait-il ajouté.

Mais le régime reclus avait refroidi l'atmosphère en menaçant, la semaine dernière, de reprendre le développement de son arsenal nucléaire si les sanctions qui étouffent son économie n'étaient pas levées.

C'est le principal point d'achoppement dans ce rapprochement spectaculaire entre les deux pays ennemis, dont les dirigeants échangeaient invectives et menaces de guerre nucléaire il y a encore un an et affichent désormais leur bonne entente.

Pyongyang, qui a cessé les tirs de missiles et essais atomiques mais n'a jusqu'ici pris aucune mesure considérée comme irréversible pour démanteler son programme nucléaire, exige des contreparties américaines pour continuer à avancer.

Et notamment un allègement des sanctions internationales, avec le soutien plus ou moins explicite de la Russie et de la Chine, ainsi que de la Corée du Sud, alliée des Etats-Unis mais dont le président Moon Jae-in est déterminé à tourner la page des tensions.

Or Washington promet de maintenir la pression économique tant que la dénucléarisation ne sera pas "définitive et entièrement vérifiée".

Archive : JT 12/06/2018

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