Déforestation croissante au Brésil : Greenpeace continue d'alarmer sur la situation

La déforestation au Brésil continue de ronger des zones protégées de l'Amazonie alors que des peuples autochtones isolés sont menacés dans leur survie. "Les politiques du gouvernement brésilien, combinées au commerce mondial du bois et de la viande, ont des conséquences dévastatrices pour les territoires autochtones", s'alarme Greenpeace jeudi dans un nouveau rapport.

Des recherches récentes réalisées par l'ONG montrent que la zone d'Ituna Itatá était la terre indigène la plus déboisée du Brésil en 2019. "Malgré son statut constitutionnellement protégé (depuis 2011), 94% de la zone est revendiquée par de grands éleveurs de bétail, des bûcherons, des mineurs et des voleurs de terres", dénonce l'ONG. "La déforestation s'y est élevée à environ 119,9 km2 entre août 2018 et juillet 2019 - soit l'équivalent de 115.000 terrains de football et 30% de toute la déforestation dans les zones indigènes brésiliennes pour la période", précise-t-elle.

Dans l'ensemble, la déforestation en Amazonie brésilienne a progressé de 85% en 2019 sur 10.123 km carrés, dépassant le seuil symbolique des 10.000 km carrés pour la première fois depuis le début de ces statistiques en 2008, selon des données établies sur la base d'images par satellite.

Au cours de ses investigations, Greenpeace a découvert qu'il y avait des domaines illégalement situés dans des zones indigènes, où le bétail était "blanchi": du bétail d'origine illégale est tamponné et vendu à des fermes qui fournissent les sociétés Marfrig et JBS, deux des plus grands éleveurs de bœuf et de veau au monde et qui approvisionnent des négociants en cuir, souligne l'ONG.


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Ses recherches lui ont également permis de découvrir qu'un seul domaine avait exporté pour plus de trois millions de dollars de bois illégal "blanchi" aux États-Unis et dans l'Union européenne. "Les livraisons étaient couvertes par un permis d'exploitation suspect émis pour les zones indigènes protégées", note Greenpeace.

L'ONG appelle dès lors la Commission européenne à proposer une nouvelle loi interdisant la mise sur le marché de l'UE de tous les produits liés à la déforestation, à la destruction d'autres écosystèmes et aux violations des droits de l'homme qui y sont liées. "Les entreprises complices de la destruction de la forêt tropicale pour la production de viande, de bois ou de minéraux aggravent considérablement la crise actuelle et future à laquelle nous sommes confrontés", conclut l'ONG. 

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