Défense: vers une meilleure coopération Union européenne - OTAN

Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie européenne et le général Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'OTAN
Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie européenne et le général Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'OTAN - © JOHN THYS - AFP

Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'OTAN sont réunis à Bruxelles ces mardi et mercredi au quartier général de l'Alliance Atlantique. Au centre des discussions, la coopération entre l'OTAN et l'Union européenne. Jusqu'il y a peu, on avait pourtant un peu l'impression que les deux organisations se tiraient parfois dans les pattes. D'autant que depuis plusieurs mois, le concept d'Europe de la défense refait régulièrement surface dans les débats européens.

Plus de coopération dans un contexte anxiogène

Et pour cause. Jamais l'environnement proche de l'Union européenne n'aura été si peu sûr. A l'est, il y a la crise ukrainienne et surtout les velléités russes de peser sur son voisinage immédiat. Au sud et au Moyen-Orient, c'est la déstabilisation de plusieurs pays, notamment sous la menace de l'organisation Etat islamique. Et pour rajouter une couche d'incertitude dans ce contexte plutôt angoissant, il y a l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis.

Donald Trump qui expliquait pendant sa campagne que l'OTAN était devenu obsolète et dépassée, et que tout cela coûtait trop cher aux Américains. Des propos qui donnent encore des sueurs froides en Europe, surtout à l'est, où les dirigeants de ces pays comptent beaucoup sur l'OTAN pour les protéger des menaces russes.

C'est donc dans ce contexte anxiogène que les Européens envisagent de plus en plus de prendre leur défense à bras le corps. L'idée n'est bien sûr pas nouvelle. On peut dire que l'Europe de la défense trottait déjà dans la tête des pères fondateurs. La Communauté européenne de défense, la CED, était en discussion dès les années 50 mais n'a finalement jamais vu le jour, torpillée par les députés français en 1954. L'Europe de la défense est alors salement amochée, et devient même tabou pendant de longues années. Mais elle n'a pas coulé pour autant.

Quelques initiatives ont même été mises en place depuis, comme les fameux battle group, une force militaire multinationale d'intervention rapide. Mais là encore, si ces battle group existent sur le papier et s’entraînent régulièrement, elles n'ont jamais été utilisées.

France et Allemagne, les principaux moteurs de l'Europe de la défense

Et si ça n'a jamais fonctionné, c'est sans aucun doute par manque de volonté politique, et notamment par crainte de marcher sur les plate-bandes de l'OTAN. Une crainte souvent exprimée par les Britanniques ou plusieurs pays de l'est. Mais voilà, la donne est en train de changer. Aujourd'hui, le Royaume-Uni est en partance de l'Union européenne.

Pas très étonnant donc que les principaux moteurs de cette relance de l'Europe de la défense sont aujourd'hui Français et Allemands. La Commission européenne a d'ailleurs saisi la balle au bond et a fait plusieurs propositions dans ce sens. Courant septembre, il y a eu la feuille de route pour le renforcement de la défense européenne, qui vise entre autre à rendre plus efficace le déploiement des missions et opérations militaires européennes. Et puis, la semaine dernière, c'était le plan d'action pour la défense qui lui vise à soutenir la recherche et l'industrie militaire en Europe. Et enfin, la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN qui se tient donc depuis mardi à Bruxelles et où Union européenne et OTAN discutent d'un renforcement de leur coopération.

D'après la Commission européenne, ce rapprochement est la meilleure façon de rallier ceux qui craignent justement que l'Europe ne marche sur les plate-bandes de l'OTAN. Et pour Jens Stoltenberg, le Secrétaire général de l'OTAN, la meilleure façon de dissiper les inquiétudes suscitées par l'élection de Donald Trump.

Pas de révolution, des mesures modestes mais "très réalistes"

Alors, concrètement, l'Alliance et l'Union ont identifié sept domaines de coopération. Parmi eux, on peut citer notamment la lutte contre les menaces hybrides. Ces menaces utilisées par des états ou des organisations qui, sans déclarer officiellement la guerre, cherchent à déstabiliser nos sociétés et bloquer le processus de décision. Mais ça passe aussi par la réalisation d'exercices conjoints. Le prochain est prévu en novembre 2017. Européens et OTAN travailleront ensemble sur des prises de décisions conjointes.

Tout cela devrait donner lieu à une quarantaine de mesures, mais qui ne vont pas révolutionner les politiques de défense. Selon un diplomate européen, elles restent relativement modestes, mais "très réalistes et surtout capables de faire avancer la coopération UE/OTAN". Et donc peut-être de débloquer enfin l'Europe de la défense...

Ce projet de partenariat renforcé va se retrouver sur la table des 28 chefs d'Etats et de gouvernement lors du sommet des 15 et 16 décembre.

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