Défense: neuf pays européens signent une "Initiative européenne d'intervention"

Les ministres de la Défense néerlandaise, allemande et française lors de l'accord.
Les ministres de la Défense néerlandaise, allemande et française lors de l'accord. - © JOHN THYS - AFP

Neuf pays européens dont la Belgique se sont engagés lundi pour un nouveau mécanisme de coopération européenne renforcée en matière de défense, baptisé "initiative européenne d'intervention (IEI)" et portée par Paris.

Une lettre d'intention en ce sens a été signée ce lundi à Luxembourg par l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, l'Estonie, la France, le Portugal, l'Espagne et le Royaume-Uni.

L'Italie, parmi les pays intéressés à l'origine mais qui vient de changer de gouvernement, "réfléchit à la possibilité de rejoindre cette initiative mais n'a pas pris de décision définitive", selon la ministre française des Armées, Florence Parly.

L'IEI , voulue Emmanuel Macron pour faire avancer l'Europe de la défense, vise à instaurer une coopération renforcée entre les états-majors de pays européens "capables et volontaires", afin de "pouvoir réagir ensemble plus rapidement", hors du cadre de l'Otan et de l'Union européenne, souligne-t-on à Paris.

Maintenir le Royaume-Uni, même après le Brexit

Il s'agit accomplir "des travaux de planification conjoints sur des scénarios de crises potentielles pouvant menacer la sécurité européenne", détaille l'entourage de la ministre : catastrophe naturelle, intervention dans une crise, évacuation de ressortissants...

L'IEI présente par ailleurs l'avantage de pouvoir maintenir le Royaume-Uni à bord de la défense européenne malgré le Brexit. "Il s'agit clairement d'une initiative qui permet d'associer certains Etats hors UE", souligne la ministre française. "Le Royaume-Uni s'est montré très allant car ce pays est désireux de maintenir des coopérations avec l'Europe au-delà des liens bilatéraux".

Selon Florence Parly, l'Allemagne, réticente au départ, a finalement décidé d'adhérer à l'initiative après avoir convenu avec Paris que l'IEI maintiendrait "des liens forts" avec la Coopération structurée permanente (CSP ou Pesco), lancée en décembre dans le cadre de l'UE et qui vise à développer des capacités de défense et à investir dans des projets communs.

Des missions militaires à "360 degrés"

C'est ainsi que l'initiative est appelée à promouvoir "une culture stratégique commune" par le biais d'officiers de liaison qui analyseront les menaces et les scénarios pour y répondre, a précisé l'entourage du ministre belge de la Défense, Steven Vandeput.

L'IEI ne prévoit pas la création de structure d'état-major permanente ni de nouvelles forces de réaction rapide, ni encore de duplication avec l'UE et l'Otan. Elle vise à préparer d'éventuelles missions militaires "à 360 degrés", et donc sans se concentrer sur l'Afrique, dans tout le spectre des opérations, depuis les tâches humanitaires à des engagements "plus robustes", selon une source diplomatique.

Les pays participants conservent leur liberté de décision nationale et ne seront donc pas nécessairement contraints de participer à une opération. En Allemagne, en général assez frileuse sur le plan militaire, c'est au Bundestag (chambre basse du parlement) qu'il revient d'approuver ou non la participation à une opération extérieure.

Une réunion ministérielle, prévue en septembre ou en octobre prochain à Paris, doit permettre d'affiner le concept de l'IEI.

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