Début d'âpres négociations en Grèce entre l'Etat et ses créanciers

Yannis Stournaras, le nouveau ministre grec des Finances, le 26 juin 2012 à Athènes
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Yannis Stournaras, le nouveau ministre grec des Finances, le 26 juin 2012 à Athènes - © Louisa Gouliamaki

Le nouveau gouvernement grec, après quinze jours d'inertie, entame cette semaine d'âpres négociations avec ses créanciers, zone euro et FMI, pour tenter de réviser les conditions des prêts accordés au pays.

Après avoir reporté leur visite initialement prévue la semaine dernière pour cause d'ennui de santé du Premier ministre Antonis Samaras, les experts de la troïka (UE-BCE-FMI) sont attendus à Athènes mercredi pour passer à la loupe le suivi du plan d'ajustement budgétaire, surnommé "memorandum", basé sur la rigueur budgétaire et des réformes structurelles.

Le chef de la "task force" européenne chargée d'aider la Grèce à mettre en oeuvre les reformes et à capter plus de fonds européens d'aide, l'Allemand Horst Reichenbach, devait arriver lundi soir à Athènes pour des entretiens avec les responsables grecs.

Un responsable de la Banque Centrale Européenne (BCE) Jörg Asmussen a rencontré dès lundi le ministre des Finances par intérim Georges Zannias ainsi que son successeur désigné Yannis Stournaras, en marge d'un colloque organisé par l'hebdomadaire The Economist.

"Un jour intensif de préparation"

Sans attendre de prêter serment, probablement jeudi, Yannis Stournaras a aussi participé lundi à une réunion interministérielle, après un week-end marqué par des réunions de ministres au domicile du Premier ministre en convalescence après une opération oculaire.

"Aujourd'hui (lundi) est un jour intensif de préparation", a indiqué le porte-parole du gouvernement Simos Kedikoglou à la radio Flash.

Au centre des discussions, l'élaboration des positions qui seront présentées à la troïka, dont la principale est une demande d'allongement de deux ans du délai pour parvenir à un ajustement budgétaire, à 2016 au lieu de 2014, afin de faire face à la grave récession que traverse le pays pour la cinquième année consécutive.

"L'amendement des politiques qui ont été prouvées financièrement inefficaces et socialement injustes, est considéré comme une question qui doit être discutée", a indiqué dimanche le ministre adjoint aux Finances Christos Staïkouras au journal grec Typos tis Kyriakis.

De nouvelles mesures attendues

La Grèce est censée procéder cette année à l'adoption d'un nouveau paquet de mesures portant sur 11,5 milliards d'euros d'économies budgétaires supplémentaires pour 2012 et 2013, afin de rattraper les retards pris par le pays.

Christos Staïkouras a souligné qu'"il fallait le plus tôt possible se mettre d'accord avec les créanciers (...) afin que le plan d'ajustement budgétaire soit plus efficace, juste et viable".

Toutefois, les Européens maintiennent un discours ferme en estimant que la Grèce doit respecter les conditions du plan sans accumuler de retards.

"Retarder l'ajustement est risqué : il augmenterait le ratio dette-PIB du pays en 2020 au dessus du taux visé de 120% (...) qui est la limite supérieure de ce qui est jugé viable" pour le pays, a mis en garde Jörg Asmussen lundi matin lors de la conférence de The Economist.

"Le nouveau gouvernement ne devrait pas perdre un temps précieux à chercher à éviter ou assouplir le programme. Il devrait au contraire se concentrer sur les moyens de maximiser l'effet des réformes", a-t-il ajouté.

"Que va-t-on donner à la troïka, que va-t-on demander", titrait lundi à la Une le quotidien grec Ta Néa (centre-gauche), évoquant "le grand marchandage" avec les bailleurs de fond.

"Le gouvernement au rythme de la troïka", titrait Ethnos relevant que le gouvernement doit présenter à la troïka la liste des entreprises publiques qui doivent être immédiatement privatisées et les organismes publics qui seront fusionnés".

"Il faut œuvrer pour réformer radicalement le secteur public sans supprimer de postes d'emploi, c'est une nécessité pour l'économie", a rappelé pour sa part le porte-parole du gouvernement, en soulignant que la société minière publique déficitaire Larko serait parmi les premières sociétés à privatiser. "Sinon elle est menacée de fermeture".

Depuis la démission du précédent gouvernement de coalition droite-socialistes début avril, le pays a traversé un vide politique de deux mois, au cours duquel toutes les réformes et les privatisations ont été suspendues, tandis que les urnes ont vu augmenter en flèche la résistance aux mesures d'austérité ainsi que les partis extrémistes anti-memorandum.


AFP

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