Débat houleux en Europe sur les dérives démocratiques de la Hongrie

Débat houleux au Parlement européen après que la Hongrie ait adopté une réforme contestée de sa Constitution
Débat houleux au Parlement européen après que la Hongrie ait adopté une réforme contestée de sa Constitution - © AFP PHOTO / PATRICK HERTZOG

L'adoption d'une nouvelle réforme de la Constitution hongroise, qui retire l'essentiel de ses compétences à la Cour constitutionnelle, a suscité d'âpres débats mardi au Parlement européen, où les libéraux, verts et socialistes ont vigoureusement critiqué le gouvernement de Viktor Orban. Embarrassé, le Parti populaire européen (PPE) a essayé de relativiser la portée de la réforme.

Le Premier ministre hongrois "se moque des valeurs européennes", a affirmé le chef du groupe libéral, Guy Verhofstadt. Il a appelé à initier une procédure de sanction, prévue par les traités européens à l'encontre des Etats membres qui ne respecteraient plus les grands principes démocratiques.

Daniel Cohn-Bendit, le chef du groupe écologiste, a abondé dans cette direction. "On ne peut pas en permanence écrire des lettres", a-t-il dit, en référence aux courriers échangés entre le gouvernement Orban et la Commission européenne, dont le président José Manuel Barroso est lui aussi issu du PPE. "Si c'est ça l'Union européenne, elle ne tiendra pas longtemps dans la tempête", a renchéri Daniel Cohn-Bendit.

Le PPE, grande plate-forme électorale de centre-droit qui compte parmi ses membres le parti Fidesz de Viktor Orban, est embarrassé. Pressé de questions lors de sa conférence de presse, le chef du groupe Joseph Daul a refusé d'envisager une exclusion du parti hongrois. "Les institutions européennes doivent maintenant examiner les modifications législatives. Je suis persuadé que le gouvernement de Viktor Orban se montrera coopératif", a-t-il dit.

Joseph Daul a contre-attaqué en accusant la gauche de se montrer moins critique face aux dérives démocratiques dans des pays où ses alliés sont au pouvoir. Il a cité la Géorgie et la Moldavie, deux pays qui ne sont toutefois pas membres de l'Union européenne.

Son correligionnaire Jean-Paul Gauzès a jugé pour sa part que les réformes hongroises entraient dans le cadre de l'Etat de droit. "L'Etat de droit est le résultat d'un vote démocratique à la majorité", a-t-il dit, voyant dans la situation hongroise "le jeu normal de la démocratie".

Ignorant les réserves exprimées par l'Europe, les Etats-Unis et les instances internationales, le Parlement hongrois, largement dominé par le Fidesz, a adopté lundi une nouvelle modification de la Constitution, qui retire l'essentiel de ses compétences à la Cour constitutionnelle.

La réforme réintroduit par ailleurs plusieurs dispositions annulées par la Cour, comme une définition jugée restrictive de la famille ou la possibilité d'expulser les SDF des lieux publics.


Belga

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