De Tripoli à Benghazi, l'anarchie institutionnelle libyienne

À Benghazi, les affrontements ont opposé les groupes radicaux qui jusqu’ici contrôlaient la ville à une milice personnelle, celle du générale Haftar.
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À Benghazi, les affrontements ont opposé les groupes radicaux qui jusqu’ici contrôlaient la ville à une milice personnelle, celle du générale Haftar. - © BELGAIMAGE

Depuis jeudi, de violents combats ont repris à Benghazi dans l’est de la Libye. Jusqu’ici, la deuxième ville libyenne était aux mains de milices islamistes, mais des anti-islamistes et une partie de l’armée gouvernementale semblent désormais prendre le dessus. Ces dernières semaines, la majorité des combats était pourtant concentrée à l’ouest, autour de la capitale Tripoli. L'anarchie institutionnelle règne en Libye.

Au moins 25 personnes sont mortes dans cette guerre des rues, dans la banlieue de Benghazi. Jeudi, les affrontements ont opposé les groupes radicaux qui jusqu’ici contrôlaient la ville à une milice personnelle, celle du général Haftar.

Il a réussi, et c’est nouveau, à obtenir le soutien du gouvernement et donc d'une partie de l'armée officielle. Ce gouvernement de transition est reconnu internationalement, mais il n’a jusqu’ici pas réussi à asseoir son autorité, ni à amorcer une transition démocratique… D'où le soutien à ce général Haftar dans sa tentative de reprise de Benghazi. La ville sera peut-être bientôt entre les mains de forces pro-gouvernementales, ou en tout cas anti-islamistes.

Ce qui n’est pas du tout le cas de Tripoli à l'ouest. La capitale, elle, est aux mains de milices islamistes, bien armées et bien structurées, impossible à défaire militairement pour le gouvernement.

Dans cette zone à l'ouest, le gouvernement n’est même plus présent, il n’est pas question de transition démocratique. Les combats des dernières semaines à Tripoli ont eu lieu entre groupes islamistes et milices tribales, alors qu'ils étaient tous rebelles à Mouammar Kadhafi en 2011. Depuis, ils ont refusé de déposer les armes et se disputent le pouvoir et l’argent, sans parler de l'accès au pétrole.

Deux zones géographiques et deux types d’affrontements donc, mais une même lutte de pouvoir. Après la mort de Kadhafi en 2011, les différents gouvernements n’ont jamais réussi à imposer quoi que ce soit. Le pays est resté aux mains d’une myriade de groupes armés. Ces milices tentent d’obtenir le contrôle de certaines régions du pays et d'en faire leur sanctuaire imprenable. Avec, pour simplifier, les islamistes à l'ouest et les anti-islamistes à l'est. Une situation qui risque de créer de fait, une partition du pays, et, en somme, de maintenir l'anarchie institutionnelle.

Maxime Paquay

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