De nouveaux séismes sont à prévoir en Italie dans les prochains mois

Le séisme qui a frappé dimanche le centre de l'Italie n'est pas une réplique, "ce sont des séismes qui se déclenchent les uns les autres" et cela devrait continuer dans les semaines ou les mois à venir, estime le sismologue français Pascal Bernard.

"On ne parle plus de répliques à ce niveau là, elles sont d'habitude de magnitude plus petite, alors que le dernier séisme est de magnitude équivalente (6,5)", explique ce chercheur à l'Institut de physique du globe à Paris.

Des séismes qui se déclenchent les uns les autres

"Ce sont des séismes qui se déclenchent les uns les autres". En l’occurrence, "il s'agit d'un segment de faille voisin de ce qui s'est passé il y a quelques jours dans cette région et aussi de ce qui s'est passé en août dernier", précise Pascal Bernard. "La transmission des contraintes, des efforts tectoniques se poursuit d'un segment à l'autre".

La région a déjà été touchée par plusieurs tremblements de terre depuis la fin du mois d'août. Celui d'août a fait environ 300 morts, tandis que les deux séismes du 26 octobre n'ont provoqué que des dégâts matériels.

Des magnitudes 5,5 ou 6

"C'est une séquence pas tout à fait inhabituelle en Italie, les failles sont très segmentées, donc elles cassent par petits bouts au lieu de casser en grand", ajoute l'expert, et "on peut s'attendre à ce que ça continue" dans les semaines à venir, "à ce qu'il y ait encore des magnitudes 5,5 ou 6".

La faille concernée fait une vingtaine de km de long et "on ne sait pas encore quelle partie s'est rompue", précise Pascal Bernard. "Là on est un peu entre les deux , on a un peu l'impression de casser le maillon manquant, ajoute-t-il, mais il peut rester des zones de faille encore intactes, qui seraient du coup très chargées et qui pourraient casser dans les jours, les mois ou les années à venir".

 

Un séisme encore plus violent est-il à craindre ?

Quant à savoir si un séisme encore plus violent est possible, c'est difficile à dire. "C'est une des interrogations," avoue Pascal Bernard. "Est-ce que ces segments qui cassent par petits morceaux ne peuvent pas recasser d'un coup en un séisme beaucoup plus gros de magnitude 7 ? C'est beaucoup moins probable mais la question est posée."

"On peut penser que les précédentes ruptures par petits bouts ont un peu relâché les contraintes. Tout dépend de la façon dont ces failles s'agencent les unes avec les autres", juge-t-il.

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