De l'électricité produite à base de manioc, l'idée géniale de deux frères au Ghana

Kwesi et James Ansah ont mis au point un système capable de produire de l’électricité en utilisant les rebuts de manioc.
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Kwesi et James Ansah ont mis au point un système capable de produire de l’électricité en utilisant les rebuts de manioc. - © ISSOUF SANOGO - AFP

Les coupures d’électricité sont courantes au Ghana. Certains quartiers de la capitale, Accra, peuvent rester pendant des heures plonger dans le noir. Le barrage d’Akosombo, construit dans les années 1960 dans la région de la Volta, fournit l’essentiel de l’électricité du pays, mais également une partie pour le Togo et le Bénin. Mais la vétusté du réseau et l’accroissement démographique créent des tensions sur le réseau.

Une situation que connaissent parfaitement Kwesi et James Ansah. Les deux frères, âgés de 29 et 24 ans, sont originaires de Koforidua, dans l’est du pays, où les coupures d’électricité sont fréquentes. Kwesi et James, issus d’une famille de paysans pauvres de la région et sans aucune formation universitaire, ont mis au point un système capable de produire de l’électricité en utilisant les rebuts de manioc, un aliment très consommé en Afrique de l’Ouest et dont le Ghana est le second producteur du continent, derrière le Nigeria.

Les lucioles comme inspiration

Mais comment ont-ils eu une telle idée ? "Nous avons été intrigués en regardant les lucioles qui s’illuminent dans la nuit", témoigne en souriant James. "Nous nous sommes renseignés pour savoir comment cela était possible et nous avons découvert que les lucioles se nourrissent beaucoup de manioc", poursuit-il.

Les deux frères autodidactes cherchent alors à produire de l’électricité avec ce tubercule. Après plus de deux ans de recherches et de nombreuses tentatives infructueuses, ils mettent au point le JK2 Table Power. Le jus du tubercule est placé dans un petit dispositif rectangulaire qui est muni d’un moteur électrique et d’une électrode en cuivre. Une sortie périphérique permet de brancher une prise, reliée à des ampoules qui s’allument aussitôt.

"Une technologie inépuisable"

"Et c’est une technologie inépuisable, et beaucoup moins chère que toutes les autres énergies renouvelables, et notamment deux fois moins onéreuse que le solaire qui nécessite de lourds investissements", estime Kwesi. "Nous faisons cela pour le bien de l’humanité", poursuit-il.

Le dispositif permet également de recharger les portables et de faire fonctionner des postes de radio. Mais les deux frères travaillent d’arrache-pied pour mettre au point un système capable d’alimenter des villages entiers. "C’est notre objectif à terme, nous venons d’une région où il n’y a pas d’électricité et c’est pour cela que nous voulons changer les choses", avance Kwesi, qui évoque, sans entrer dans les détails, travailler également sur un projet de véhicules électriques.

En attente d'un soutien politique

Plusieurs ministères ghanéens se sont déjà montrés intéressés par l’innovation. "Nous avons notamment reçu la visite du ministre de l’Environnement", déclare James. Mais depuis, plus de nouvelles.

"Nous attendons, nous voudrions que notre projet soit financé par des fonds ghanéens mais pour l’instant, rien ne vient", soupire-t-il. Les deux frères cherchent désormais à convaincre les investisseurs chinois. "Nous avons besoin de soutiens pour développer nos projets, nous ne pouvons le faire seuls", concluent en écho les deux frères.

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