De Jean-Marie à Marine Le Pen, le Front National est resté xénophobe

Marine Le Pen (Front National) invitée par le Belang.
Marine Le Pen (Front National) invitée par le Belang. - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

L’invitation de Marine Le Pen mardi soir au Parlement flamand et sa participation à un colloque sur la souveraineté et le rétablissement des frontières organisé par le Vlaams Belang a été précédée d’un appel d’Alex Vizorek face à Marine Le Pen sur la chaîne de radio France Inter. Un appel en guise de mise en garde: "N'y vas pas Marine, ce sont des racistes"... 

"N’y allez pas, vous n’allez pas aimer ces gens. Ils sont d’extrême-droite. Je vous le jure. Ce n’est même pas un secret : ils le disent ouvertement. Et comme je sais que vous, vous vous battez tous les jours contre cette étiquette, n’y allez pas: ça va vous faire tout bizarre d’entendre des discours comme ça à l’emporte-pièce. Vous allez être otage d’une idéologie tellement loin de la vôtre: ils sont racistes envers les Noirs, les Arabes, les francophones. Demandez à votre nièce. Marion Maréchal était venue en 2013 faire un discours face aux militants du Belang. Elle a été huée parce qu’ils ont cru que c’était une Wallonne. Évidemment, elle les a rassurés en leur disant non, non, non, je suis Française, je suis facho comme vous. Je simplifie, mais elle a dit ça évidemment pour calmer les gens. Ce ne sont pas des sympas. Le GUD (Groupe union défense) à côté, c’est les 7 nains. Je me suis même demandé si le Vlaams Belang ne vous utilisait pas. Ils essaient de surfer sur votre image de démocrate pour se racheter une conscience. "

Marine Le Pen y est allée. Car en 30 ans, le FN n'aurait pas fondamentalement changé, malgré l'évolution de son statut médiatique.

Marine Le Pen à propos du Belang : "Je suis d’accord avec eux, ils ont raison

Alex Vizorek a-t-il raison en disant que le Vlaams Belang est toujours un parti d'extrême-droite? Le Belang a toujours été d’extrême-droite et reste l’extrême-droite avec un discours hier, assumé: 'Trop de Belgique, trop d’Europe et, bien sûr, trop d’étrangers'. Et la seule solution, pour le Vlaams Belang, c’est l’indépendance de la Flandre. Et tous ces propos qui ont été tenus par le Vlaams Belang, vous entendez Marine Le Pen dire  :" Je suis d’accord avec eux, ils ont raison, c’est ça la vraie solution ".

Y avait-il du monde au colloque du Vlaams Belang?

300 à 400 personnes s'étaient déplacées pour la voir: on ne peut pas parler de salle comble. Mais il y avait du monde. Un public plutôt âgé, issu des classes moyennes venu, surtout, pour voir Marine Le Pen. Elle a surtout parlé d’Europe dans la capitale de l’Europe. Elle a tapé sur la Commission et sur Angela Merkel.

Marie Le Pen parle d’euro-dictature de la Commission Européenne qui décide de tout, mais qui ne répond de rien. Et puis, elle dit ‘vous savez cette Commission elle est faucheuse d’identité, elle est machine à broyer les peuples, elle est démolisseuse de la démocratie, elle est semeuse d’austérité et puis, maintenant, ajoute-t-elle, elle est hôtesse d’accueil pour tous les clandestins’".

Elle ne cite jamais le mot réfugié. Pour elle, tous les gens qui viennent, qu’ils viennent de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan ou d’ailleurs, ce sont des clandestins. Voilà la vision qu’elle a. Et puis, elle va plus loin : "Qui dirige la Commission Européenne ? C’est Angela Merkel". Elle 'tape' sur la chancelière allemande sans arrêt. Elle ne cite même pas François Hollande et à peine Nicolas Sarkozy. Clairement, elle a déjà bien lancé sa campagne pour la présidentielle.

Le discours inchangé du Front National 

Le discours du FN n’a pas changé: celui tenu mardi par Marine Le Pen était de la même eau que ceux de Jean-Marie Le Pen il y a 30 ans: "Nous ne pouvons plus, et nous osons le dire : nous ne voulons plus accueillir des immigrants clandestins dans nos pays respectifs. Il faut renvoyer chez eux les clandestins et prendre exemple sur l’Australie qui renvoie chaque clandestin à son port d’origine."

Le discours est toujours le même. Le Front National n’a pas changé. Sur la forme, c’est vrai que Marine Le Pen a quand même un passé, une histoire différente de celle de son père, mais sur le fond, le discours du Front National est toujours le même.

Il n’y a pas de normalisation du Front National de Marine Le Pen. Le croire est un leurre, surtout lorsque l’on se rend dans des petits meetings du Front National en France, notamment au moment des municipales et des régionales.

Quand on entend les réflexions des candidats de base du Front National, sur les étrangers, sur les homosexuels, sur les syndicats, les fonctionnaires, sur les autres. Chacun comprend que ce parti n’a pas changé.

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