De Beyrouth à Paris, deux jours, deux attentats, 172 morts

De Beyrouth à Paris, deux jours, deux attentats, 172 morts
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De Beyrouth à Paris, deux jours, deux attentats, 172 morts - © KHALED DESOUKI - AFP

Beyrouth et Paris ont été attaqués par l’EI à un jour d’intervalle. Mais pourquoi la capitale française attire plus de message de sympathie que la capitale libanaise ? Voilà la question qui a été posée par une journaliste de la chaîne Al Jazeera lors d’un micro trottoir dans la capitale libanaise. Les beyrouthins s’expriment pour tenter d’apporter des réponses sur la différence frappante dans le traitement médiatique des deux attentats.

Rayyane Shukr répond " Je pense qu’il y a plus de colère concernant les événements de Paris car ça n’est pas habituel dans cette ville ".

Zeina Alam : " Je ne pense pas que nous sommes moins importants que d’autres personnes. "

Michael Hamdam " Tous les pays méritent la même attention car nous avons besoin d’arrêter le terrorisme. "

Kareem Chehayeb : " Paris est une ville très importante, une ville plus internationale. Si vous regardez les gens qui sont morts à Paris, il y a plus de diversité ethnique et par conséquent il est plus facile d’avoir ce type de solidarité à Paris ".

Mahammad Hareb : " Ce qui arrive à Paris est la même chose que ce qui se passe dans mon quartier Bourj el-Barajneh. C’est la même chose".

Le quartier de Bourj el-Barajneh se trouve près de l'aéroport international de Beyrouth - Rafic Hariri. Il compte près de 25 000 habitants, surtout des réfugiés palestiniens qui vivent dans le camp. C’est dans ce quartier densément peuplé que deux kamikazes se sont faits exploser le jeudi 12 novembre 2015 faisant 43 morts et 239 blessés.

Entre juillet 2013 et février 2014, neuf attentats avaient visé des bastions du Hezbollah au Liban.

From Beirut to Paris

We asked some Lebanese people why they think the world paid more attention to the ISIS attack on Paris than the one on Beirut.

Posted by AJ+ on Thursday, November 19, 2015

Khalil Yakshasi :" Je ne pense pas que le reste du monde connaissent la situation à Bourj el-Barajneh mais tout le monde connait la France bien entendu. Le monde entier était vraiment désolé pour ce qui est arrivé en France et je suis l’un d’eux. "

Houssam Abdul Khalek: " Pour l’égalité veut dire égalité entre blancs européens. Ils n’ont pas vraiment la notion d’égalité avec d’autres personnes. C’est pourquoi je ne m’attends pas à plus de réactions ou d’attention à propos de Beyrouth."

Ali Amhaz : " Malheureusement ce genre de chose arrive bien plus souvent au Liban qu’à Paris et le monde et les gens sont habitués à cela. Et vous êtes dans cette partie du monde où on ne s’en préoccupe plus. C’est tout simplement devenu normal. "

La jeunesse de la capitale est d’ailleurs connue être festive et Beyrouth réputée pour ses activité nocturnes. Elle héberge de nombreuses discothèques, boîtes de nuit et pubs. Si l'on demande au fêtards pourquoi cet engouement, ils disent que ce pays a connu la guerre et qu'il faut pouvoir vivre au jour le jour.

Elie Merheb : " Parfois les médias utilisent ou mettent en avant ce qui se passe en Europe ou en occident. C’est un peu plus globalisé. Mais je pense que d’un point de vue humain nous avons tous la même sensation et la colère est au même niveau autant à Beyrouth qu’à Paris ".

Le Liban a connu une très longue guerre civile entre 1975 et 1990 qui a ravagé le pays. Sur le site des Affaires étrangères sont répertoriés plus d’une dizaine d’attentats en un an au Liban faisant des dizaines de morts et des centaines de blessés.

Depuis fin 2013, la présence de groupes jihadistes comme Al Nosra, Daech et leurs affiliés est signalée sur le territoire libanais, causant de fréquents incidents de sécurité (attaques contre des objectifs militaires, attentats à la bombe).

Si la France doit faire face depuis le 11 septembre 2001 à une menace terroriste, elle est relativement à l’abri si l’on compare sa situation à celle du Liban. En 10 ans, 102 personnes sont mortes lors d’attentats terroristes sur le territoire français.

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