David vit à Wuhan, en Chine : "Je n'ai jamais vu ça, même avec le SRAS en 2002"

Cela fait plus de vingt ans que David Wilmots a quitté son Limbourg natal pour s’établir en Chine. Depuis 1999, il vit et travaille à Wuhan, une ville que "personne ne connaît en Europe, malgré ses 13 millions d’habitants", confiait-il voici quelques mois à l’équipe de 7 à la Une, qui l’avait rencontré chez lui.

Aujourd’hui, les choses ont bien changé. Wuhan est désormais connue dans le monde entier, car c’est dans cette ville qu’un nouveau coronavirus a émergé en décembre dernier. En deux semaines, le visage de la ville a été complètement transformé par les mesures drastiques prises par les autorités chinoises pour limiter la propagation de ce virus mortel.

"Normalement les rues sont pleines, les gens font leur shopping, ils se préparent pour les fêtes, c’est difficile de trouver un taxi, les rues sont embouteillées", explique David Wilmots, contacté ce matin. "Mais aujourd’hui, les rues sont vides, tout le monde reste à l’intérieur. Ceux qui sortent portent un masque, c’est triste !"

"Tout est fermé"

A l’instar des 13 millions d’habitants de la ville, la vie de ce patron de deux restaurants est totalement chamboulée. Outre la consigne de rester à l’intérieur ou l’obligation de porter un masque lorsqu’il sort de chez lui, David Wilmots a dû prendre d’autres mesures, comme fermer ses deux établissements. "Nous, on a réagi avant même de recevoir des consignes. On a fermé nos établissements pour la sécurité de notre staff et parce que c’était calme. Mais depuis hier, c’est un ordre de police, tout doit fermer."

Des camions de livraisons sont tout de même autorisés à circuler dans la ville pour achalander les supermarchés. La demande en vivres a explosé depuis quelques jours. "Du jour au lendemain, les voyages ont été interdits donc ceux qui comptaient partir restent à Wuhan. Par ailleurs, ils ont fermé tous les restaurants. Ça veut dire que ceux qui voulaient partir ou aller au restaurant doivent manger à la maison, donc ils doivent faire leurs courses ! Dans une ville de 13 millions d’habitants, évidemment les magasins n’ont pas assez de stock", analyse le patron du Brussels Beer Garden.

 

"Se concentrer sur l’essentiel : la santé"

David Wilmots l’avoue : il n’a jamais vu ça. "J’étais déjà ici pendant le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère, ndlr) en 2002, mais ce n’était pas si calme et si isolé qu’aujourd’hui", explique-t-il. Toutefois, il comprend la radicalité des mesures prises par les autorités chinoises. "On doit comprendre, c’est un cas très spécial, très urgent. Le gouvernement doit se concentrer sur la santé des habitants. Il faut se concentrer sur l’essentiel, le business vient après".

Ancien infirmier, spécialisé dans le traitement des patients atteint du sida, David Wilmots ne panique pas, ce qui n’est pas le cas de tout le monde dans cette ville désormais coupée du monde. "Certains le prennent comme moi, relax, d’autres sont vraiment inquiets. Tout le monde se concentre sur sa santé avant tout, surtout quand il ou elle commence à tousser ou à avoir un peu de température".

Le Limbourgeois n’hésite d’ailleurs pas à donner des conseils d’hygiène à ses amis ou sur les réseaux sociaux. "Je leur dis d’éviter les endroits fréquentés mais de toute façon il n’y en a plus. Se laver les mains le plus souvent possible, par exemple quand on touche quelque chose à l’extérieur. Si quelqu’un a plus de 38 de température et qu’il tousse, il faut aller à l’hôpital mais sinon inutile d’y aller, les hôpitaux ont assez de boulot comme ça !"

David se trouve actuellement au Vietnam. "Je suis parti avec l’un des derniers avions. Mais je ne peux plus rentrer maintenant…", se désole-t-il.

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