Dans une Ghouta orientale en ruines, un père pleure son enfant mort dans un bombardement

La Ghouta orientale reste encore aujourd'hui le théâtre de scènes d'une violence extrême. Assiégée depuis cinq ans par le régime gouvernemental syrien, cette région subit depuis 6 jours maintenant des bombardements particulièrement intenses. Aux portes de Damas, les habitants de ce bastion rebelle vivent dans la terreur quotidienne. Au nombre de 400 000, ils se sentent comme pris au piège. 426 personnes ont été tuées cette semaine. Sans compter les centaines de blessés, selon l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme. Malgré des appels de plus en plus pressants à un cessez-le-feu, l'ONU semble impuissante

Nous avons reçu ces images poignantes de ce père venant de perdre son enfant. Il a été enseveli sous les débris d'un immeuble bombardé. Les prises de vue ont été tournées dans la localité de Douma, ce 23 février. 

Traduction: "Je sais qu'il voulait partir. J'ai prévenu sa grand-mère qu'il voulait partir. Il ne voulait pas continuer à vivre dans la terreur. J'aurais espéré que ce soit moi qui soit tué à la place de mon fils. J'aurais voulu être tué à ta place, mais je ne veux pas avoir du chagrin pour toi, mon fils. J'aurais désiré être tué à ta place, mais je ne veux pas avoir du chagrin pour toi, mon enfant.  Je vais mourir maintenant. Je n'ai plus rien à faire maintenant. Je suis tué, moi aussi. Enterrez-moi à côté de lui. Faites-moi une faveur et laissez-moi être enterré ses côtés. Je souhaite être enterré vivant à côté de lui. Mais, mon fils, ce n'est pas permis. Si c'était permis, saches que je désirerais rester à tes côtés".  

Des victimes désemparées

Le père se confie ensuite. Et nous parle de sa difficulté pour ce qui est de la future inhumation de son fils. 

Traduction: "Je n'ai pas d'endroit pour enterrer mon enfant. A cause de tous ces bombardements et ces roquettes...Les avions russes ont tout démoli. Je n'ai nulle part où l'enterrer" 

Tenir, la peur au ventre

La région de la Ghouta, auparavant réputée pour ses terres cultivées, oasis dans le désert syrien, continue d'être le terrain d'un pilonnage d'une rare violence. Telles des ombres, les survivants tentent de rester debout, au milieu de ce champ de ruine. 

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