Dans le camp d'Al-Hol en Syrie, une Française explique qu'elle ne veut pas être rapatriée

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Depuis le début de l’offensive turque en Syrie (entre-temps suspendue), les pays occidentaux débattent de la question du rapatriement des djihadistes et de leur famille sur leur sol. Sur place, en Syrie, des détenus et détenues ont également leur avis. Une Française témoigne : si c’est pour rentrer en France mais être séparée de ses enfants, elle préférerait rester aux mains des Kurdes.

Dans le camp d’Al-Hol, en Syrie, des djihadistes et leur famille sont détenus dans la section des étrangers du camp. Ils vivent sous la surveillance des forces militaires kurdes. C’est le cas d’Oum Soufiane, une femme française de 32 ans. A l’annonce de l’offensive turque dans le nord de la Syrie, les cartes risquaient d’être redistribuées. Si le camp passait des mains des Kurdes vers la Turquie, qu’allait-il advenir d’elle et des autres détenus djihadistes ?

Oum Soufiane témoigne : "Si vraiment c’est la Turquie qui nous prend et qui nous ramène en sécurité, c’est bien. Si ce n’est pas comme ça, alors non c’est trop dangereux. Je ne peux pas traverser la Syrie avec mes enfants sans sécurité, non. Je suis bien ici, enfin je ne suis pas bien mais j’ai confiance. Ils ne nous ont pas maltraités ici. Même si c’est dur la vie dans le camp, moi je n’ai pas été torturée, je n’ai pas été battue. Ce que racontent les gens sur ce que nous font les Kurdes, ce n’est pas vrai, on n’a pas vécu ça".

Quant à l’option d’un rapatriement vers la France pour y être jugée, la Française voudrait l’éviter à tout prix : " La France, elle ne nous veut pas. Elle a peur des terroristes sur son sol, c’est normal. De toute façon, je ne veux pas y retourner. Ici, je peux vivre avec mes enfants. En France je vais être séparée d’eux. Je vais aller en prison et même quand je sortirai de prison, je ne vais pas récupérer mes enfants".

Notons que du côté des autorités françaises, on veut également éviter les rapatriements, des hommes en tout cas. Certains djihadistes seront jugés en Irak, suite à un accord conclu entre la France et Bagdad.

Le sort des enfants

Outre la question du rapatriement des adultes, qui seraient alors jugés dans leur pays d’origine, se pose évidemment la question délicate des enfants, emmenés en Syrie avec leurs parents, ou nés sur place. Faut-il les rapatrier ? Si oui, peut-on les séparer de leurs parents ? Ces questions divisent. Selon Bernard De Vos, le délégué général aux droits de l’enfant, il faut intervenir : "Ces enfants vivaient dans des situations extrêmement précaires, et nous n’avons eu de cesse depuis plusieurs mois, pratiquement depuis plusieurs années, de plaider auprès du gouvernement leur retour".

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