Dans la peur, Gaza a aussi suivi la finale de la Coupe du Monde

Des Palestiniens regardent la finale de la Coupe du Monde dans la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 13 juillet 2014.
Des Palestiniens regardent la finale de la Coupe du Monde dans la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 13 juillet 2014. - © SAID KHATIB - BELGAIMAGE

Des centaines de millions de personnes dans le monde ont pu regarder le match Allemagne-Argentine ce dimanche soir, entourés de leurs proches, dans des lieux publics ou dans leur canapé. Dans la bande de Gaza, être témoin de la finale de la Coupe du Monde a demandé beaucoup de courage; de nombreux Palestiniens ont voulu suivre l'événement malgré les bombardements israéliens et les coupures d'électricité.

Tandis qu'Israël poursuivait ses raids aériens et ses tirs d'artillerie sur la bande de Gaza dans la nuit de dimanche à lundi, des habitants de l'enclave palestinienne ont tout de même souhaité regarder la finale de la Coupe du Monde de football opposant l'Allemagne à l'Argentine.

Il leur a néanmoins fallu redoubler d'ingéniosité et de courage pour assister à la victoire 1-0 des premiers, car la menace israélienne planait toujours sur Gaza. Les rues sont désertées en soirée et des centaines de milliers de personnes se retrouvent de temps à autre privées d'électricité.

Supporteur de l'Argentine, Salah Yousef, 19 ans, s'est rendu chez son oncle, à une vingtaine de minutes de marche de son domicile, où l'électricité avait été coupée. "J'avais peur quand j'ai fait ce trajet, explique-t-il. Ma mère me parlait au téléphone jusqu'à ce que j'arrive à destination."

Pour lui, regarder ce match, c'est faire quelque chose de normal. Comme pour "défier" Israël. "Cela signifie que nous n'avons pas peur de la menace et des tirs israéliens", lance-t-il alors qu'il assiste enfin au match chez son oncle avec sept proches.

Les abris antiaériens à proximité

Dans le kibboutz d'Or HaNer (sud d'Israël), à proximité de la bande de Gaza, de nombreux expatriés argentins ont aussi regardé le match de leur équipe nationale chez eux, à proximité des abris antiaériens. Il leur a été déconseillé de se rassembler sur la place communale, de peur de devenir la cible des roquettes palestiniennes. "Nous voulons Messi, pas des missiles", résume Gerardo Salom, supporteur argentin.

Lors de la Coupe du Monde 2010, beaucoup de fans de football avaient regardé les matchs sur la plage ou à l'extérieur de bars et de cafés côté gazaoui. Le contraste est aujourd'hui saisissant : la semaine dernière, un missile israélien a touché un bar sur la plage, alors que les patrons de l'établissement regardaient la demi-finale Argentine-Pays-Bas. Neuf personnes, entre 15 et 28 ans, y ont perdu la vie.

T.M. avec Al Arabiya

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