Dammartin: les frères Kouachi ont été tués lors de l'assaut

"Peu avant 17h, les portes de la façade de l'entreprise au rez-de-chaussée s’entrouvrent de quelques centimètres pendant quelques minutes et frères sortent avec des fusils d'assaut en tirant sur les membres du GIGN", a expliqué le Procureur. Les forces de l'ordre, dit-il, ont d'abord tenté de les maîtriser en utilisant des armes envoyant du souffle, mais ils ont continué à tirer blessant un policier, "ils ont donc dû répliquer"

Lors cet assaut de la fumée s'échappait du bâtiment et des agents étaient postés sur les toits. Les images, ci-dessous, vous donnent une petite idée de ce qu'il s'est passé :

Il y a bien eu une prise d'otage

Revenant sur les événements de la matinée, le Procureur de la République de Paris a expliqué que les deux suspects avaient surgi d'un bois, armés, braquant une automobiliste. Le véhicule a ensuite été abandonné dans la zone industrielle de Dammartin-en-Goëlle où un échange de tirs avec les gendarmes a eu lieu et au cours duquel un des deux suspects a été blessé à la gorge.

"C'est alors qu'ils se sont réfugiés dans les locaux de l'imprimerie, prenant en otage le gérant de l'imprimerie", a-t-il poursuivi, "à 10h20, le gérant de l'imprimerie a été libéré", a-t-il ajouté sans préciser les raisons de cette libération.  

C'est ainsi qu'ils ont appris que Saïd Kouachi était "légèrement blessé au cou" et que les deux suspects étaient lourdement armés. 

"Ils étaient en réalité au premier étage et un employé de l'imprimerie était aussi reclus au premier étage dans la salle de restauration sous l'évier de la salle de restauration", a-t-il dit précisant que cela avait toujours été ignoré des deux terroristes.

Après l'ultime assaut, le jeune homme est sorti sain et sauf et a été emmené par les gendarmes vers la cellule psychologique où il a retrouvé ses parents. Aucun autre détail n'a été donné sur son identité. 

Aucune négociation n'a été possible

A plusieurs reprises dans le courant de la journée, les forces de l'ordre ont tenté de rentrer en contact avec les suspects, sans succès. 

"Plusieurs messages ont été envoyés sur leur GSM, mais ils n'ont jamais répondu", a expliqué François Molins.

Le lien entre Dammartin et Vincennes établi

Parallèlement, l'assaut a également été donné Porte de Vincennes à Paris, où Amedy Coulibaly, lié à un des frères Kouachi, avait pris plusieurs personnes en otage dans une supérette casher. Bilan à la Porte de Vincennes : 5 morts, dont le preneur d'otages, ce qui porte le bilan total depuis l'attaque de mercredi à Charlie Hebdo à 20 morts.

Un bilan confirmé par le Procureur de la République de Paris qui affirme que les quatre morts de la supérette n'ont pas été tués par les forces de l'ordre. Par ailleurs, il a aussi donné des nouvelles des dix blessés graves de la rédaction de Charlie Hebdo. Ils sont toujours hospitalisés et un d'entre eux a son pronostic vital toujours engagé.

François Molins a également déclaré que le lien entre les deux prises d'otage avait été établi dès 16h. Notamment grâce aux traçages téléphoniques entre l'épouse de Saïd Kouachi et la compagne d'Amedy Coulibaly, Hayat Boumeddiene. Plus de 500 appels ont été échangés entre les deux femmes en un an.  

Des écoles évacuées

Pendant toute la journée, la mairie de Dammartin a appelé sur son site internet les habitants à rester chez eux. Ceux qui pouvaient être évacués l'ont été.

Plus de 1000 élèves de plusieurs établissements, école, collège et lycée, jusque-là confinés dans leurs classes, ont commencer à être évacués vers 13h00.

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L'évacuation des élèves par les policiers © DOMINIQUE FAGET - BELGAIMAGE

Les moyens déployés par les forces de l'ordre françaises ont été exceptionnels. Pour la première fois, des équipes des unités d'intervention de la police, le Raid, et de la gendarmerie, le GIGN, ont travaillé conjointement.

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Un périmètre complètement bouclé © JOEL SAGET - BELGAIMAGE
Des policiers sur les dents © JOEL SAGET - BELGAIMAGE
Des hélicoptères survolent la zone © JOEL SAGET - BELGAIMAGE

Saïd et Chérif Kouachi, deux frères endoctrinés dans les années 2000

Neuf personnes de l'entourage des suspects ont été placées en garde à vue, a annoncé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, indiquant également que Saïd Kouachi avait été "formellement reconnu sur une photo comme agresseur". Son frère Chérif a quant à lui été condamné en 2008 pour avoir fait partie d'une filière visant à envoyer des jihadistes dans les rangs de la branche irakienne d'Al-Qaïda.

Les frères Chérif étaient sur "notre liste de surveillance depuis des années", a également révélé un responsable américain des forces de l'ordre sous le couvert de l'anonymat. Les deux hommes figuraient en outre dans les bases de données américaines des personnes suspectées de terrorisme, y compris sur la célèbre "No Fly List" qui interdit à ceux qui y figurent de prendre des vols au départ ou à destination des Etats-Unis.

L'aîné, Saïd, a passé "quelques mois" au Yémen en 2011 à s'entraîner au maniement des armes auprès d'un membre d'Al-Qaïda, avant de rentrer en France, selon un autre haut responsable américain, confirmant une information du New York Times.

Revivez ci-dessous le fil de la journée :

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