Daesh, bientôt la fin? Selon un expert, "des choses se préparent en douce"

L'Etat islamique serait dans une deuxième phase d'existence, selon Rik Coolsaet.
L'Etat islamique serait dans une deuxième phase d'existence, selon Rik Coolsaet. - © Tous droits réservés

En décembre dernier, l’Irak déclarait avoir vaincu Daesh. Quelques semaines plus tard, le président français Emmanuel Macron annonçait la fin des combats contre le groupe djihadiste en Syrie pour mi-février. Pourtant, la guerre fait toujours rage et les milliers de combattants du groupe n’ont pas tous disparus malgré la perte de terrain. L’État islamique (EI) est-il hors d’état de nuire ? C’était la question posée par Bertrand Henne dans Débats Première.

Le Daesh que l’on a connu en 2013 et 2014 "n’est plus", assurent Sébastien Boussois (chercheur associé à l’ULB) et Rik Coolsaet (chercheur à l’Institut Egmont et professeur émérite à l’Université de Gand). "Le Daesh de l’époque disposait d’un très grand territoire, il s’agrandissait de jour en jour, il attirait des dizaines de milliers de volontaires du monde entier, il donnait l’impression de réécrire les frontières dans la région mais aussi de réécrire l’Histoire. Ce Daesh-là est fini" explique Rik Coolsaet. Mais pour Sébastien Boussois cela ne veut pas dire que le djihadisme est mort, loin de là. C’est seulement la fin d’un épisode.

Daesh n’est plus, vive Daesh!

L’État islamique serait, selon l’expert de l'ULB, dans une deuxième phase d’existence. Il fait un parallèle entre l’évolution du groupe et la théorie du Big Bang : "Il y a d’abord eu une phase d’attraction, où Daesh attirait les combattants de par le monde, comme un aimant. Et maintenant nous sommes dans la seconde phase, celle de l’implosion et de la dispersion. La dispersion des cendres mais aussi celle des personnes qui combattaient au nom du groupe État Islamique."

Daesh est alors en mutation, plutôt qu’en disparition. Le groupe réforme sa structure et se rapproche de celle d’Al-Qaïda selon Sébastien Boussois, une structure extraterritoriale plus ressemblante à un mouvement islamiste international. "Ce qui est d’ailleurs peut-être encore plus dangereux que lorsqu’il était sur un territoire donné" soulève le spécialiste. 

Faut-il craindre un nouveau Daesh?

Même si le groupe terroriste État Islamique est fortement fragilisé, pour les experts, le terreau du djihadisme est encore bien présent car les problèmes structurels qui sont à l’origine de son émergence n’ont pas été résolu. Le risque est donc de voir d’autres mouvements reprendre l’idéologie et les arguments de Daesh pour se développer, que ce soit au Moyen-Orient ou ailleurs. "Je pense qu’il y a des choses qui se préparent en douce dans des cellules qui sont pour l’instant en veille. De plus, les profils de radicalisation évoluent sans cesse, comme des caméléons. En 2022, les premiers djihadistes emprisonnés chez nous (que se soient des jeunes ou des recruteurs) vont sortir de prison, c’est aussi une raison de s’inquiéter, car je ne pense pas que la prison les aura "soignés" " avance Sébastien Boussois.

Des éléments qui remettent en question les cris de victoire partielle proférés (prématurément ?) par la Russie, les États-Unis et d’autres nations de la coalition internationale.

>>> A lire également : Djihadisme, les racines du mal toujours présentes?

Dans Débats Première, Sébastien Boussois, Rik Coolsaet et Bertrand Henne ont également parlé du cas des "returnees" en Belgique, de la déradicalisation, de la différence entre le djihadisme européen et le djihadisme au Moyen-Orient

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