"D'ici 10 ans, la marché africain de la musique deviendra plus grand que le marché européen"

"D'ici 10 ans, la marché africain de la musique deviendra plus grand que le marché européen"
"D'ici 10 ans, la marché africain de la musique deviendra plus grand que le marché européen" - © Tous droits réservés

D’ici 10 ans, le marché africain de la musique deviendra plus grand que le marché européen. C’est la prédiction et le pari d’un spécialiste: le PDG d’Universal Music monde, Lucian Grainge, qui en est persuadé et qui va joindre la parole et le geste.

D’ici 10 ans, le marché africain de la musique sera énorme, ce sera une énorme manne pour lui, numéro un mondial de la musique. L’industrie aurait donc bien tort de continuer à voir la musique africaine comme destinée aux tout petits rayons "world music" de niche dans les magasins spécialisés, chez les disquaires occidentaux.

Aujourd’hui, les cinq premiers marchés de la musique sont dans l’ordre: les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France. Mais l’Amérique latine, la Chine et l’Afrique vont bientôt prendre l’ascendant, et quand on est dans le show-biz, louper une opportunité est une faute professionnelle, donc il faut en être.

Le patron d’Universal Music France a donc été mandaté par le big boss pour créer une toute nouvelle filiale africaine du géant de la musique. Le but affiché est d’abord de faire prospérer le marché local, des artistes africains pour le marché africain.

Et le pari est d’autant plus osé que, pour l’instant, le marché de la musique enregistrée dans les 23 pays qui seront couverts par Universal Music Africa, UMA, et qui pour l’occasion a revu son logo (le globe terrestre de Universal s’est légèrement tourné vers le continent africain) est très artisanal et surtout il n’y a pas de monétisation ni pour le CD physique ni pour le numérique. Le marché se résume aujourd’hui, à peu de choses près, à des clés USB de contenus piratés qui se revendent sur les marchés.

Les seuls revenus des artistes africains sont ceux des concerts et du sponsoring, puisque souvent des marques sont sponsors des artistes, et souvent les revenus viennent de la combinaison des deux, à savoir des sponsors qui organisent eux-mêmes des spectacles pour leurs artistes parce que les billets, étant donné leur prix symbolique, sont davantage un moyen de rassembler les foules autour d’une marque ou d’un produit.

La conquête de l’Afrique ne fait que commencer. Le potentiel local est absolument gigantesque. L’Afrique, on le rappelle, c’est quand même un milliard 300 millions d’habitants, dont 320 millions de francophones, et cette zone du globe est jeune, les habitants sont jeunes, 41% ont moins de 15 ans et 65% ont moins de 25 ans.

Selon les prédictions démographiques, ils seront 850 millions en 2050. Alors surtout, le continent s’équipe en téléphonie mobile à grande vitesse et les opérateurs poussent de nouveaux streamings musicaux qui sont inclus, gratuits, compris dans le prix des cartes prépayées. C’est là la grande chance de l’industrie de monétiser la musique enregistrée, et vu l’appétit de la jeunesse africaine pour la musique, il y a tous les ingrédients pour un vrai décollage local.

Actuellement, Universal Music Afrique c’est seulement quatre artistes, quatre groupes, et le premier à avoir été signé est un duo togolais qui s’appelle Toofan. Alors, histoire de dénicher des talents africains pour les Africains, mais avec quand même l’espoir caché de finir par les développer ailleurs, Toofan a déjà enregistré un duo avec Louane...

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