D'accord en accord, Israël rompt le front arabe

Israël : retour sur ses accords de paix
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Israël : retour sur ses accords de paix - © EMMANUEL DUNAND - AFP

Le constat est unanime. Ce mardi est historique pour Israël qui scelle son entente avec deux pays arabes : les Emirats arabes unis et Bahreïn. Derrière tout cela, on retrouve le président Donald Trump qui, à quelques semaines de la présidentielle américaine, se présente comme médiateur. Il a d’ailleurs organisé une cérémonie à Washington pour l’occasion. Le Premier ministre israélien va donc formellement établir des relations diplomatiques entre l’Etat hébreu et ces deux pays arabes.

Mais ce n’est pas la première fois qu’Israël conclut un rapprochement avec le monde arabe. Et c’est toujours les Etats-Unis que l’on retrouve à la manœuvre.

1979 avec l’Egypte

Tout commence en 1978. Israël établit alors son premier rapprochement avec un pays arabe : l’Egypte via les accords de "Camp David" alors que ces deux pays sont en guerre depuis 1948. En cause, l’Etat hébreu occupe de vastes territoires arabes dont le désert du Sinaï. A l’époque, c’est le président américain Jimmy Carter qui tente de réinstaurer un dialogue et les balises d’un accord de paix entre les deux. Il réunit donc les deux délégations. Sa détermination est totale pour faire aboutir sa volonté et, il le sait, cela aura une incidence politique pour lui puisque sa réélection est en jeu.

Au bout d’une dizaine de jours de négociations secrètes, il parviendra à les faire signer deux accords-cadres. D’abord, un cadre pour la paix au Proche-Orient avec une période transitoire dans les cinq ans et, ensuite, que les deux pays s’engagent à signer un traité pour la paix dans les trois mois. Quelques mois plus tard en effet, le 26 mars 1979, il est signé. Il prévoit l’évacuation de l’armée israélienne du désert du Sinaï.

Cela aboutira sur une paix "séparée", le monde arabe reprochant à l’Egypte de ne pas avoir mis en avant les intérêts arabes et en particulier, la reconnaissance des droits des Palestiniens.

1993 avec l’OPL

Le 13 septembre 93, les accords d’Oslo sont signés entre Israël et l’Organisation de Libération de la Palestine (OPL). Ils ont conduit à la création de l’Autorité palestinienne. La poignée de main entre le dirigeant palestinien Yasser Arafat et le Premier ministre israélien Yitzahk Rabin a marqué l’histoire. Cela s’est déroulé à Washington sous l’égide de Bill Clinton.

Pour parvenir à ces accords, il aura fallu beaucoup de temps. C’est le résultat de nombreuses discussions secrètes tenues à Oslo. Ils se composent de plusieurs phases. D’abord, le cadre général qui pose les bases d’un régime d’autonomie palestinienne en Cisjordanie et à Gaza. En 1994, s’ajoute l’accord "Oslo I" qui octroie à l’autorité palestinienne des pouvoirs limités. Enfin, en 95, l’accord "Oslo II" comporte plusieurs décisions sur le plan territorial en divisant la Cisjordanie en trois zones. Mais aussi, par exemple, le retrait des troupes israéliennes de Cisjordanie.

Il ne s’agit pas ici d’un accord de paix à proprement parler mais du début d’un processus de conciliation entre Israéliens et Palestiniens. Il crée en tout cas l’espoir d’une paix globale au Proche-Orient.

1994 avec la Jordanie

Un an plus tard, Israël conclut un traité de paix avec, cette fois, la Jordanie. Au terme de longue négociation, il est signé le 17 octobre 1994. Le contentieux portait sur le tracé des frontières et le sujet très sensible dans ces zones désertiques du partage des ressources en eau, portant surtout sur l’utilisation des eaux du Jourdain et du Yarmouk. Quelques mois avant cette signature formelle, Israël et la Jordanie s’étaient mis d’accord sur le principe de partage équitable de ces ressources. À nouveau, l’intervention américaine a joué un rôle. Cette fois, c’est le président Bill Clinton qui était aux commandes et qui a facilité le dialogue, contribuant à l’aboutissement de ces négociations.

Cet accord a mis fin à plus de 40 ans de conflit réglant les questions de gestion du territoire, de sécurité et de coopération. L’une des annexes du traité autorisait Israël à exploiter deux zones agricoles à l’intérieur des frontières jordaniennes pendant 25 ans. Mais la Jordanie a décidé de ne pas renouveler cet accord, arrivé à échéance en novembre 2019. Les zones agricoles ont donc été récupérées malgré la volonté de Benjamin Nétanyahou de trouver une entente pour maintenir cette annexe de l’accord entre ces deux voisins.

Signe des tensions qui existent aujourd’hui entre Israël et la Jordanie.

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