Cyclotouristes tués: le Tadjikistan reconnait une "attaque terroriste" mais pas de l'EI

Photo tirée d'une vidéo de l'AFPTV montrant le ministre tadjik de l'Intérieur Ramazon Rakhimzoda, le 30 juillet 2018 à Douchanbé
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Photo tirée d'une vidéo de l'AFPTV montrant le ministre tadjik de l'Intérieur Ramazon Rakhimzoda, le 30 juillet 2018 à Douchanbé - © Shodmon Kholov

Le Tadjikistan a utilisé pour la première fois vendredi le terme d'"attaque terroriste" en référence à l'assassinat de quatre cyclotouristes étrangers, tout en maintenant sa réfutation de la revendication de l'Etat islamique.

"L'attaque qui visait les touristes étrangers était un acte terroriste", a déclaré le procureur de l'ex-État soviétique dans un communiqué, précisant qu'elle était destinée à "créer une atmosphère de peur et de panique dans la société et à affaiblir l'autorité internationale de la République du Tadjikistan."

L'attaque, initialement présentée comme un accident de la route, a été perpétrée dimanche par un gang armé contre un groupe de sept cyclistes étrangers. Quatre d'entre eux sont morts : deux Américains, un Suisse et un Néerlandais.

Mardi, l'État islamique a publié une vidéo montrant cinq hommes, ressemblant à ceux des portraits diffusés par la police tadjike, prêtant allégeance à Abu Bakr al-Baghdadi, chef du groupe terroriste. Cette vidéo a été publiée "dans le but de lever les soupçons pesant sur une autre organisation terroriste, le Parti de la Renaissance Islamique, qui est le principal commanditaire de cet acte terroriste", a réagi le procureur.

L'Iran nie toute implication

Le Parti de la Renaissance Islamique, dont la responsabilité est pointée par un rapport de police, se présentait comme un parti religieux modéré avant d'être mis hors-la-loi en 2015, date à laquelle le Tadjikistan a entamé une longue répression de l'opposition.

La police tadjike a aussi affirmé qu'un suspect arrêté et considéré comme l'un des meneurs de l'attaque contre les touristes, "a suivi un entraînement" en Iran, pays avec lequel le Tadjikistan a des relations tumultueuses. L'Iran et le Parti de la Renaissance Islamique ont tous deux nié tout lien avec l'attaque.

Le Tadjikistan, un pays laïc dont la population est majoritairement sunnite, fait de la lutte contre l'intégrisme religieux une priorité. Les autorités de ce pays voisin de l'Afghanistan estiment que plus de mille Tadjiks ont rejoint les jihadistes en Irak et en Syrie.

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