Cuba va libérer les deux derniers prisonniers politiques du groupe des 75

Des Dames en blanc, groupe de proches des 75 dissidents cubains emprisonnés en 2003, à La Havane le 15 mars 2010
Des Dames en blanc, groupe de proches des 75 dissidents cubains emprisonnés en 2003, à La Havane le 15 mars 2010 - © Adalberto Roque

Cuba va libérer "d'ici peu" les deux derniers prisonniers politiques du groupe des 75 condamnés en 2003, ce qui mettra fin à un lent processus de libérations de neuf mois, fruit d'un accord entre les autorités et l'Eglise, a annoncé mardi l'archevêché de La Havane.

"Dans la continuité du processus de libération de prisonniers (...), l'élargissement (de Felix Navarro et José Ferrer) a été décidé", a précisé dans un communiqué l'archevêché qui était médiateur dans ce dossier.

"On vient de nous appeler de l'archevêché pour annoncer leur libération, ils nous ont dit que cela pouvait avoir lieu dans les prochaines heures ou demain", mercredi, a précisé à l'AFP la fille de Felix Navarro, Sayli.

L'arrestation des 75 avait suscité l'indignation internationale. L'Union européenne avait annulé ses visites officielles à Cuba, suspendu ses programmes de coopération et décidé d'inviter systématiquement des opposants à ses réceptions officielles à La Havane.

La sortie des deux hommes doit conclure la principale vague de libérations de détenus depuis la venue à Cuba du pape Jean Paul II en 2008, quand environ 300 avaient été grâciés, dont une centaine de prisonniers politiques.

Félix Navarro, 57 ans, est un enseignant membre du mouvement Tous Unis et fondateur en 1999 du Mouvement pour la Démocratie "Pedro Luis Boitel". Il a été condamné à 25 ans de prison.

Son épouse Sonia Alvarez est une des Dames en Blanc, groupe de proches de prisonniers politiques, prix Sakharov 2005 du Parlement européen.

José Ferrer, un pêcheur de 40 ans, a également été condamné à 25 ans de prison. Il est membre du Mouvement chrétien Libération (MCL), présidé par Oswaldo Paya, prix Sakharov 2002 du Parlement européen.

Du 18 au 20 mars 2003, une vague de répression s'était abattue sur 75 dissidents cubains condamnés à de lourdes peines de prison (entre six et 28 ans), trois ans avant que le leader de la révolution cubaine Fidel Castro ne cède le pouvoir à son frère Raul après des problèmes de santé.

L'Espagne sera le moteur d'un rapprochement entre l'UE et Cuba. Le gouvernement socialiste espagnol reprend le dialogue en 2005 et s'efforce de réchauffer la "Position commune" de l'UE qui conditionne sa collaboration aux avancées en matière de droits de l'Homme.

Un dialogue inédit entre l'Eglise catholique et les autorités cubaines se met en place et permet l'annonce en mai d'un accord sur la libération, en échange d'un exil en Espagne, des 52 du groupe des 75 qui restent incarcérés.

Les 23 autres avaient été libérés entre 2003 et 2010, essentiellement pour des raisons de santé.

Après un coup d'arrêt en novembre, en raison du refus des 13 derniers détenus de prendre la route de l'exil, les libérations ont repris en février.

Aujourd'hui seuls José Ferrer et Félix Navarro restent incarcérés.

L'Eglise a également annoncé la libération prochaine de onze détenus accusés d'avoir entre autres voulu détourner des bateaux afin d'émigrer, qui ont accepté de s'exiler en Espagne. Cela porte à 114 le nombre de prisonniers --du groupe des 75 ou non-- partis pour l'Europe.

Selon l'opposition, une soixantaine de dissidents sont toujours incarcérés à Cuba.


AFP
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