Cuba : le président Miguel Diaz-Canel célèbre la fête nationale en travaillant avec des jeunes

Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a profité lundi de la fête nationale pour appeler à la "paix, au travail et à l'unité" du pays et réaliser des travaux d'intérêt général avec de jeunes sympathisants, deux semaines après les manifestations antigouvernementales qui ont secouées l'île.

"Bravo à tous les Cubains ! Merci chers amis du monde entier ! Je réitère mon appel à la paix, au travail, à l'unité pour que nous avancions ensemble !", a écrit Miguel Diaz-Canel sur Twitter.

En ce jour férié à Cuba, de petites commémorations ont eu lieu dans les différents quartiers de La Havane, avec une jauge limitée de personnes pour lutter contre la récente hausse des cas de Covid-19. 

Le président Diaz-Canel et d'autres officiels ont réalisé un travail agricole avec une centaine de jeunes à Fontanar, un quartier à la périphérie de la capitale.

A Cuba, le 26 juillet célèbre l'attaque de la caserne de Moncada à Santiago de Cuba, dirigée par Fidel Castro en 1953, qui donna naissance à la révolution cubaine.

Lundi, le pays a enregistré 8184 nouveaux cas et 66 décès en 24 heures, chiffres parmi les plus élevés depuis le début de la pandémie à Cuba (11,2 millions d'habitants).

Aucune manifestation n'a été observée, malgré des appels isolés sur les réseaux sociaux, tandis que la surveillance a été accrue dans plusieurs zone de La Havane, deux semaines après les manifestations inédites dans une quarantaine de villes cubaines. Celles-ci ont fait un mort, des dizaines de blessés et conduit à des centaines d'arrestations.

"Beaucoup de jeunes sont dépolitisés (à cause de notre travail politique et patriotique insuffisant) et ne comprennent pas la nécessité de résister aux politiques impérialistes", a déclaré à la presse officielle le général à la retraite Fabian Escalante, chef des renseignements cubains pendant la Guerre froide.

"L'explosion sociale qui a eu lieu" dans le pays "nous a tous surpris, mais il y avait pourtant des indices évidents" de mécontentement, a-t-il admis. "Nous avons une part de responsabilité dans les erreurs commises, qui exigent une vraie remise en question" a-t-il ajouté, appelant à combattre "la corruption, la bureaucratie, la négligence".

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Des manifestants rassemblés devant la Maison Blanche pour demander la "liberté pour Cuba" le 26 juillet 2021 © Kevin Dietsch

Des centaines de manifestants à Washington demandent "la liberté pour Cuba"

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi à Washington pour demander la "liberté" pour Cuba, et une intervention des Etats-Unis après la répression de manifestations historiques sur l'île.

Portant des drapeaux cubains et américains, les manifestants se sont rendus devant la Maison Blanche puis en face de l'ambassade de Cuba, scandant "à bas la dictature" et "patria y vida" (la patrie et la vie), nom d'une chanson devenue symbolique du mouvement de protestation.

Sur les grilles de l'ambassade, ils ont déposé des panneaux affirmant "nous n'avons plus peur" ou appelant à une "intervention" des Etats-Unis.

"Nous demandons à l'administration Biden d'intervenir militairement parce qu'à Cuba, l'armée affronte des citoyens qui ne sont pas armés", a déclaré à l'AFP Yamila Diaz, 34 ans, née sur l'île.

Kat Moya, 22 ans, Américaine dont le père a fui Cuba, a dit être venue pour montrer sa solidarité avec le peuple de ce pays: "ils ne profitent pas des libertés que nous avons ici, nous avons le droit d'être là alors qu'eux se font frapper lorsqu'ils font la même chose".

"C'est la première fois que le peuple cubain est aussi uni, à l'intérieur et à l'extérieur de Cuba", a estimé Carlos Rodriguez, 29 ans. "Nous ne voulons pas du communisme, nous voulons qu'il s'arrête", a-t-il ajouté.

La semaine dernière, l'administration Biden a imposé des sanctions contre le ministre de la Défense cubain et a affirmé chercher le moyen de rétablir l'accès à internet sur l'île, ainsi que le moyen de permettre aux Cubains-Américains d'envoyer de l'argent à leurs proches, sans que le gouvernement cubain n'y prenne sa part.

Le pays, plongé dans une grave crise économique, a connu des manifestations sans précédent le 11 juillet. A l'issue de ces rassemblements, qui ont fait un mort et des dizaines de blessés, une centaine de personnes ont été arrêtées, selon diverses organisations de l'opposition.

Images de Canal Caribe (via AFP)

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