Cuba : des "Dames en blanc" conspuées par des partisans pro-Castro

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Des centaines de partisans des frères Raul et Fidel Castro ont conspué jeudi pour la troisième journée de suite une trentaine de "Dames en blanc" défilant dans les rues de la Vieille Havane pour le 7e anniversaire de l'incarcération de leurs proches dissidents.

Après avoir assisté à la messe dans une église du quartier historique de la capitale cubaine, un groupe de "Dames en blanc", épouses ou mères de détenus politiques, ont entamé, glaïeuls à la main, leur quatrième marche de protestation en autant de jours dans les rues quand sont arrivés des partisans du pouvoir communiste, a constaté un journaliste de l'AFP.

"C'est la rue de Fidel! C'est la rue de Fidel!", ont scandé les partisans qui suivaient les femmes au rythme de tam-tam. Une dizaine de policiers est intervenue pour former un cordon de sécurité autour des opposantes.

"Les rues de Cuba appartiennent aux révolutionnaires, nous n'allons pas permettre ça. Nous les laissons marcher mais nous avons le droit de les répudier", a déclaré Yamile Gonzalez, employée d'une crèche.

"Nous n'allons pas arrêter notre marche, advienne que pourra", a répondu Laura Pollan, à la tête du groupe qui comprenait également la mère du prisonnier politique Orlando Zapata, 42 ans, dont la mort fin février des suites d'une grève de la faim provoque tensions et crispation sur l'île communiste.

Des femmes policiers étaient intervenues la veille pour couper court à la marche des "Dames en blanc" en les faisant monter manu militari dans des véhicules, sous les cris d'approbation de centaines de partisans pro-Castro.

C'était la première fois que la police intervenait pour mettre un terme à une manifestation des "Dames en blanc" depuis deux ans.

Le président du Parlement européen Jerzy Buzek a dénoncé les "brutalités policières" contre des "Dames en blanc" qui ont donné lundi le coup d'envoi de sept jours de "marches de protestation" pour marquer le 7e anniversaire de la vague d'arrestations de 75 opposants, dont 53 restent sous les verrous.

Cette commémoration se déroule dans un climat tendu par la mort controversée d'Orlando Zapata suivie par la grève de la faim et de la soif de Guillermo Farinas pour obtenir la libération de 26 prisonniers politiques malades. Ce cyberjournaliste de 48 ans est hospitalisé depuis plus d'une semaine à Santa Clara (centre) et alimenté par voie intraveineuse sur ordre des médecins.

Le gouvernement de Raul Castro s'estime victime d'une "campagne de diffamation" et ses médias dénoncent quotidiennement l'Europe, dont le Parlement a voté la semaine dernière une résolution déplorant la mort "évitable" de Zapata.

L'Union européenne, les Etats-Unis et nombre d'organisations occidentales de défense des droits de l'Homme ont appelé à la libération immédiate des 200 prisonniers politiques cubains après la mort de Zapata. Des pays d'Amérique latine comme le Brésil et la Bolivie ont eux marqué leur soutien à Cuba.

Le gouvernement cubain nie détenir des prisonniers politiques, affirmant qu'il s'agit de "mercenaires" à la solde des Etats-Unis qui imposent depuis 48 ans un embargo contre l'île.


AFP

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