La présidente Cristina Kirchner réélue en Argentine dès le premier tour

La présidente argentine Cristina Kirchner le 23 octobre 2011 à Buenos aires
La présidente argentine Cristina Kirchner le 23 octobre 2011 à Buenos aires - © Daniel Garcia

La présidente argentine Cristina Kirchner, 58 ans, a été réélue pour quatre ans dimanche dès le premier tour de la présidentielle lors d'un véritable raz-de-marée électoral et s'est déclarée "impressionnée" et "reconnaissante" après ce résultat.

"Ces chiffres m'impressionnent et je suis infiniment reconnaissante", a déclaré la présidente en s'adressant aux Argentins. "Si j'avais parlé de ces chiffres-là il y a à peine deux ans, on nous aurait traités de fous !", a-t-elle affirmé.

Cristina Kirchner a obtenu 53,96% des voix contre 16,87% à son principal rival, le socialiste Hermes Binner, et 11,15% au radical Ricardo Alfonsin, selon les résultats officiels portant sur 98,25% des bureaux de vote.

Le pourcentage restant concerne des votes faisant l'objet de réclamations, et le résultat définitif et complet doit être publié avant le 10 décembre, date du début du nouveau mandat.

Après cette élection, au cours de laquelle les Argentins renouvelaient en même temps la moitié des sièges de la Chambre des députés et un tiers de ceux du Sénat, le Front pour la Victoire de Cristina Kirchner retrouve la majorité perdue en 2009 dans les deux chambres.

Après l'annonce des résultats Cristina Kirchner s'est adressée aux jeunes et a dansé un long moment aux côtés de son colistier, le ministre de l'Economie Amado Boudou.

"Je veux remercier cette foule de jeunes Argentins qui se sont à nouveau appropriés la Place de Mai", a déclaré la présidente.

De son côté, Hermes Binner a reconnu sa défaite en félicitant "Mme la présidente".

Toutefois, il a fait valoir que sa formation était "une nouveauté" dans le paysage politique. "Cette force est la deuxième du pays !", a lancé Hermes Binner, rappelant qu'un socialiste venait de dépasser un radical, du jamais vu en Argentine.

La présidente a souligné que plusieurs homologues d'Amérique latine l'avaient appelée pour la féliciter, dont la présidente du Brésil Dilma Rousseff qui a eu "des mots très affectueux".

Le président vénézuélien Hugo Chavez a pour sa part salué "le soutien sans appel" que les Argentins ont apporté à Cristina Kirchner.

Pour être élue au premier tour, Cristina Kirchner devait obtenir soit plus de 45% des voix, soit plus de 40% avec une avance de plus de 10 points sur son principal rival.

"Cette différence (entre Cristina Kirchner et son principal rival) est historique", a souligné l'analyste Rosendo Fraga, de l'institut Nueva Mayoria.

De son côté, Mariel Fornoni, de Management & Fit, a dit qu'à l'exception de la province de San Luis (centre), Cristina Kirchner "remportait la victoire partout dans le pays".

Les classes populaires, électorat traditionnel du péronisme, lui étaient acquises, mais aussi une bonne partie des classes moyennes, voire des cadres supérieurs qui misaient sur la stabilité économique.

La consommation est en plein boom, avec 4% d'augmentation par an, et le taux de chômage dépasse à peine 7%. La croissance a été de 8% en moyenne depuis 2003 à l'exception de 2009.

L'Argentine bénéficie en outre de l'envolée des prix des matières premières, notamment du soja, dont elle est le troisième exportateur mondial.

Cristina Kirchner a fait aussi la paix avec les classes moyennes, que son mari avait effrayées pendant le conflit avec les agriculteurs, en 2008, refusant jusqu'au bout toute négociation.


AFP
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