Le président italien accepte la démission de Giuseppe Conte

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a annoncé devant le Sénat qu'il allait remettre sa démission au président Sergio Mattarella. Le président italien Sergio
Mattarella a accepté mardi soir la démission du président du Conseil, Giuseppe Conte, et entamera ses consultations politiques dès mercredi, annonce le palais du Quirinal.

"J'interromps ici cette expérience de gouvernement. J'entends conclure ce passage institutionnel de façon cohérente. J'irai voir le président de la République pour lui présenter ma démission", a déclaré M. Conte, en soulignant qu'auparavant il écouterait le débat prévu pour durer 3H45. 

Guiseppe Conte a également prononcé un discours très dur contre le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, l'accusant d'avoir été "irresponsable" et d'avoir uniquement "poursuivi ses propres intérêts et ceux de son parti", en faisant éclater la coalition au pouvoir le 8 août. Il l'a aussi accusé de faire "courir de graves risques", à l'Italie, en évoquant notamment le danger d'une spirale économique négative.

C’est en effet le chef de la Ligue (extrême droite) qui a déclenché les hostilités, le 8 août, en accusant ses partenaires du M5S (antisystème) de multiplier les refus sur les baisses d’impôts ou les grands chantiers. Juste après avoir fait exploser la coalition, le Lombard s’est lancé dans une médiatique tournée des plages à la conquête du Sud, faisant constamment pression pour obtenir des élections dès l’automne.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Soit un nouveau gouvernement est formé. Soit des élections anticipées sont provoquées. Un nouveau scrutin, c'est ce que veut Matteo Salvini.

Le leader de la Ligue a un seul objectif: devenir le chef unique de l'Italie, la gouverner a lui tout seul. En cas d'élections législatives rapides, il sait que les sondages le créditent de 40% des suffrages, il pourrait alors être maître à bord, avec l'appui d'un parti néo-fasciste, Fratelli d'Italia.

Mais d'autres scénarios restent possibles, pour écarter à tout prix Matteo Salvini. Par exemple, un nouveau gouvernement formé par le mouvement 5 étoiles, et le parti démocrate de l'ancien Premier ministre Matteo Renzi. Ce serait une belle revanche pour Renzi, qui reviendrait ainsi au premier plan. Même s'il serait un peu surréaliste de voir le mouvement 5 Etoiles, anti-système, naviguer avec le parti démocrate.

Autre scénario de rechange: une grande coalition pro-européenne emmenée par un autre ténor de la politique italienne, Romano Prodi, 80 ans, ancien chef du gouvernement et ex-président de la Commission européenne. Il a trouvé un nom gracieux à cette coalition, qui pourrait unir le mouvement 5 Etoiles, le parti démocrate, et même Forza Italia, le parti de Berlusconi. Ce nom?  "Ursula", tout un symbole, puisqu'il s'agit du prénom de madame Von der Leyen, la nouvelle présidente allemande de la Commission européenne.

La balle est dans le camp du président Matarella, l'arbitre des crises politiques en Italie.
S'il accepte la formation d'un gouvernement e rechange, Salvini se retrouvera  relégué dans l'opposition pour 4 ans, et il aura perdu son pari. Mais au  cas où le président Matarella  jugerait ces coalitions trop bancales, on s'acheminerait immanquablement vers des élections anticipées, et une victoire probable de Salvini, qui deviendrait de facto l'homme fort de l'Italie.

Journal télévisé 13H

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