Crise politique en Italie: le gouvernement Conte sera fixé sur son sort le 20 août

Le gouvernement italien sera fixé sur son sort dans une semaine. Le Sénat, convoqué au grand complet ce mardi, a décidé de la date pour l’examen d’une motion de censure déposée par la Ligue (extrême droite) pour faire tomber le gouvernement de Giuseppe Conte. Ce sera le 20 août.

La Ligue de Matteo Salvini voulait aller au pas de course vers des élections, et réclamait un vote de censure dès ce mercredi. Matteo Salvini a renoué pour l’occasion avec ses alliés de droite, Forza Italia (FI) de Silvio Berlusconi (droite) et Fratelli d’Italia (Frères d’Italie, extrême droite). Ensemble, ces formations exigeaient un vote dès ce mercredi 14 août.

Mais face à elles, le Mouvement 5 étoiles (M5S) et le Parti démocrate (PD) temporisent et demandaient une simple communication du Premier ministre sur la crise politique au Parlement le 20 août, avant le vote d'une motion de défiance. Le M5S a obtenu le soutien d’une aile du PD (centre gauche) rattachée à l’ancien chef du gouvernement Matteo Renzi (2014-2016), même si le patron du parti, Nicola Zingaretti, se dit prêt à des élections au plus vite.

Hier lundi, les chefs des groupes parlementaires n’étaient pas parvenus à s’entendre. L’affaire était donc renvoyée au Sénat, où Salvini n’a pas de majorité face au M5S et au PD. Mais nous sommes dans la semaine du 15 août, synonyme de vacances en Italie, et quelques sénateurs absents auraient pu changer la donne.

Grandes manœuvres

Le chef de file du M5S, Luigi Di Maio, a accusé son ex-partenaire de gouvernement d’avoir, en faisant éclater la coalition Ligue-M5S le 8 août, donné un "coup de poignard dans le dos au pays".

"Les Italiens le feront payer à la Ligue", a-t-il assuré, même si le parti de Mateo Salvini est crédité de 36 à 38% des intentions de vote, quasiment 20 points de plus qu’aux élections législatives de mars 2018. Alors premier parti d’Italie avec plus de 32% des voix, le M5S est pour sa part tombé à 16/17%.

"Le Capitaine" (le surnom que donnent ses partisans à Matteo Salvini) a réuni lundi à Rome les parlementaires de la Ligue, qui l’ont longuement applaudi, d’après une vidéo diffusée par son entourage, au diapason de sa médiatique "tournée des plages" de cinq jours à la conquête de l’électorat du Sud, jusqu’alors acquis au M5S. Bains de foule et selfies à gogo, pause déjeuner torse nu, le chef des souverainistes italiens a peaufiné, plutôt avec succès, son image de Monsieur-tout-le-monde, un peu macho.

Cet ancien sécessionniste du Nord a néanmoins été contesté en Basilicate et en Sicile, où des manifestants lui ont rappelé ses vieilles diatribes contre le "Sud assisté", sifflets à l’appui.

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