Crise politique aux Pays-Bas : démission du Premier ministre Mark Rutte

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a confirmé lors d'une conférence de presse vendredi après-midi la démission de son gouvernement. Celle-ci fait suite à l'affaire dite des allocations ("toeslagenaffaire"), qui a fragilisé la majorité. Selon le service d'information du gouvernement (Rijksvoorlichtingsdienst), le roi Willem-Alexander a pris acte de la démission et a demandé au gouvernement de continuer à prendre les décisions jugées nécessaires dans l'intérêt du pays.

Selon le rapport d'une commission d'enquête parlementaire publié en décembre, entre 2013 et 2019 au moins, des fonctionnaires ont mis fin aux allocations de ces familles, avant de les contraindre à restituer de façon rétroactive celles perçues sur plusieurs années, soit dans certains cas des dizaines de milliers d'euros.

Une partie des parents concernés ont par la suite été victimes d'importants problèmes financiers. Nombre des familles touchées ont en outre fait l'objet d'un profilage ethnique sur la base de leur double nationalité. La commission d'enquête parlementaire a qualifié l'affaire "d'injustice sans précédent" et estimé que des "principes fondamentaux de l'État de droit ont été violés".

Mark Rutte a annoncé sa démission lors d'une conférence de presse, à 14h15. "L'Etat de droit doit protéger ses citoyens d'un gouvernement tout puissant. Cela a échoué d'une manière épouvantable", a-t-il notamment déclaré.

"Des personnes innocentes ont été criminalisées"

Lors de cette conférence de presse, le Premier ministre néerlandais a déploré que des "personnes innocentes ont été criminalisées" de la sorte, "leurs vies ont été détruites et le Parlement en a été informé de manière injuste et incomplète".  Assumant la responsabilité politique de ces dysfonctionnements, Mark Rutte a annoncé par téléphone et par courrier au roi Willem-Alexander la démission de son gouvernement. Le Premier ministre devait encore se rendre au Palais pour s'expliquer davantage.  

Le souverain néerlandais a déjà pris acte de la démission et a demandé au gouvernement de continuer à prendre toutes les décisions jugées nécessaires pour l'intérêt du pays. Mark Rutte a assuré que son cabinet démissionnaire ferait tout ce qu'il faudrait dans l'intérêt des Pays-Bas, confrontés à l'épidémie de coronavirus. "Notre travail continuera à être consacré à (la lutte contre le) coronavirus et à faire face aux conséquences économiques et sociales avec toutes les mesures de soutien annoncées", a-t-il dit. 


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Pays-Bas: Mark Rutte, Premier ministre démissionnaire (images 15/01/2021)

Elections le 17 mars 

Des élections législatives sont prévues le 17 mars.   Le chef du gouvernement a aussi annoncé que le système des allocations allait être revu pour éviter ce genre de scandale à l'avenir.

Les quatre partis du centre et de la droite au pouvoir s'étaient réunis plus tôt vendredi pour discuter d'une éventuelle démission, alors que Mark Rutte, Premier ministre depuis 2010 et l'un des dirigeants européens depuis le plus longtemps en poste, avait précédemment annoncé qu'il briguerait un quatrième mandat.

Selon de récents sondages, le parti libéral-conservateur (VVD) de Mark Rutte pourrait être de nouveau le premier parti à l'issue des législatives, l'opinion publique soutenant toujours largement sa gestion de la pandémie.


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