Crise parlementaire au Royaume-Uni: what's next?

Le chahut au Parlement britannique continue, avec un nouveau Premier ministre qui a laissé quelques plumes dans sa première bataille ce mardi soir. Boris Johnson a en effet perdu la majorité parlementaire lorsque des députés conservateurs rebelles de son propre parti ont choisi l'opposition, manifestant ainsi leur rejet d'un départ sans accord de l'Union européenne. Mais le premier ministre contre-attaque ce mercredi : il appelle à des élections législatives anticipées pour le 15 octobre, soit juste avant le prochain sommet européen, à Bruxelles.

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La stratégie d'équilibriste de BoJo

Avec cette proposition, Boris Johnson tente le tout pour le tout. Sans majorité au Parlement de Westminster pour le soutenir vers un départ de l'Union européenne sans accord, le successeur de Theresa May devrait, selon la logique, se tourner vers le Conseil européen pour demander un nouveau report du Brexit, le temps de se pencher une nouvelle fois sur un accord qui pourrait être accepté par Bruxelles. Mais l'option est difficilement envisageable pour Boris Johnson : la sortie de l'UE pour le 31 octobre, avec ou sans accord, était SA promesse de campagne. En demandant une nouvelle prolongation au Conseil européen, il signerait un fameux désaveux. Il lui faut donc une alternative. Et c'est là que les élections législatives anticipées deviennent une porte de sortie, qui conduirait à au moins deux scénarios.

1. Les élections ont lieu le 15 octobre, comme annoncé : là, le Premier ministre compte sur les derniers sondages de fin août qui lui étaient favorables. S'il est élu, il pourra se rendre au prochain sommet européen les 17 et 18 octobre en homme fort pour négocier une dernière fois le Brexit, avant la date butoir du 31 octobre. A noter cependant que les sondages qui lui souriaient fin août ont été publiés avant le fameux scandale du "coup d'état". Un éclat de Johnson qui lui a certainement fait perdre quelques points dans le cœur des Britanniques très attachés à leur démocratie.

2. Il parvient à modifier le calendrier pour que les fameuses élections anticipées soient organisées après le 31 octobre, soit après la dead-line fixée pour trouver un accord de Brexit entre le Royaume-Uni et Bruxelles. Autrement dit : le fameux "No Deal" est acté, les Britanniques voteraient en ne faisant déjà plus partie de l'Union européenne, sans accord de divorce. Et vu le délais très court pour organiser ces nouvelles élections, le scénario semble facile à justifier.

Rien n'est joué

Convoquer des élections anticipées, oui, mais pas n'importe comment. Parce que le Premier ministre doit convaincre deux tiers des députés de soutenir sa proposition, et sans majorité, rien n'est gagné. Pour l'opposition, des élections anticipées pourraient être une carte à jouer pour éviter un Brexit sans accord, à condition qu'elles soient bien organisées avant le 31 octobre. L'opposition qui se tient d'ailleurs prête pour un nouveau scrutin depuis plusieurs mois déjà. Mais le Labour n'a pas confiance en Boris Johnson et ne devrait pas prendre le risque de lui laisser une chance de faire passer le "No Deal" de force. Reste alors l'option de voter pour ce scrutin, mais sous certaines conditions. C'est ce mercredi, en fin de journée, que les députés doivent voter notamment pour ou contre l'appel du Premier ministre aux élections anticipées.

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