Crise migratoire, accueil des réfugiés: les priorités de la présidence tournante maltaise

Joseph Muscat, le premier ministre maltais, lors d'une conférence de presse pour marquer le début de la présidence tournante maltaise à La Valette ce 11 janvier
Joseph Muscat, le premier ministre maltais, lors d'une conférence de presse pour marquer le début de la présidence tournante maltaise à La Valette ce 11 janvier - © MATTHEW MIRABELLI - AFP

Ce mercredi, la Commission européenne s'est délocalisée à Malte pour rencontrer le gouvernement du plus petit Etat membre de l'Union européenne. Malte qui assume la présidence tournante de l'Union européenne depuis le 1er janvier et pour une période de six mois. C'est la première fois que ce pays de 450.000 habitants est aux commandes de l'Europe.

Pour rappel, depuis sept ans maintenant, le pays qui assume cette présidence tournante de l'Union européenne n'est plus seul aux commandes. Il existe un président permanent du Conseil européen. C'est le Polonais Donald Tusk qui assume cette fonction depuis décembre 2014. Il coordonne le travail des 28 chefs d'Etat et de gouvernement, autrement dit, la préparation et l'organisation des sommets européens.

Priorité des priorités : la crise migratoire et l'accueil des réfugiés

La présidence tournante du Conseil de l'Union européenne prend quant à elle en charge la préparation et l'organisation des conseils des ministres européens. Les ministres maltais vont tour à tour présider les réunions par thématiques : le ministre maltais de l'Intérieur présidera le Conseil des ministres de l'Intérieur, celui des Transports, le Conseil des Transports, etc. Le pays qui assume la présidence pour six mois peut faire avancer les dossiers qui lui tiennent particulièrement à cœur. 

Et la priorité principale de cette présidence maltaise, c'est la gestion de la crise migratoire. Pendant les six derniers mois, c'est à dire pendant la présidence Slovaque, ce sujet qui divise les Européens avait été mis sous cloche. Les Maltais, eux, y font référence dès la troisième ligne de leur programme. Assez logique puisque Malte n'est qu'à 300 kilomètres des côtes tunisiennes. Le pays a été en première ligne des premières vagues de migrants qui tentaient la traversée de la Méditerranée centrale.

Volonté de concilier les différents points de vue des Etats membres

Et puis Malte, c'est aussi l'un des meilleurs élèves de la classe européenne dans l'accueil des réfugiés qui ont débarqué en Grèce ou en Italie. D'ailleurs, le pays veut profiter de sa présidence pour donner un coup d’accélérateur à la répartition des migrants en Europe.

Remettre le sujet sur la table, ça risque de raviver des tensions entre les 28. Mais Malte affiche la volonté de concilier les différents points de vue des Etats membres. Et pour faire accepter la partie solidarité, Malte mise sur le renforcement des frontières extérieures de l'Union européenne, un objectif accepté par tous. En clair, si les Européens peuvent garantir la sécurité de leur frontières, il sera plus facile ensuite de faire accepter aux Slovaques ou aux Hongrois l'idée qu'il faut aussi se répartir un nombre limité de migrants.

Malte veut aussi inciter les candidats à l'immigration à ne pas partir de chez eux. A Malte justement, au printemps dernier, les dirigeants européens s'étaient engagés auprès de leurs homologues africains à investir sur place pour freiner les départs. Mais cette aide au développement traîne à se mettre en place. Malte veut remettre en selle ce processus.

Malte ne jouera pas les premiers rôles dans le dossier Brexit

La gestion de la crise migratoire sera donc la principale priorité maltaise. Mais d'autres points, plus conventionnels, plus consensuels aussi, sont au programme. Le marché unique par exemple. Ce sera aux Maltais de mettre un point final aux frais de roaming au sein de l'UE. Il sera aussi question de politique de voisinage ou encore des affaires maritimes. Là aussi, assez logique puisque Malte est perdu au milieu de la Méditerranée.

Et puis, il y aura un sujet qui sans être une priorité maltaise va occuper une grande partie des travaux des ministres européens ce semestre : l'incontournable Brexit. Les négociations entre les Britanniques et leurs 27 partenaires devraient commencer en mars. Malte ne jouera pas les premiers rôles dans ce dossier. C'est Michel Barnier, le négociateur de la Commission européenne, qui mènera les discussions. Mais Malte, longtemps colonie britannique et aujourd'hui membre du Commonwealth, veillera à ce que l'on aboutisse à un accord juste avec Londres. Juste, mais forcément moins avantageux que si les Britanniques avaient choisi de rester dans l'Union européenne. Un point important souligné devant les membres de la Commission européenne par Joseph Muscat, le premier ministre maltais.

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