Crise en Algérie: très important déploiement policier pour le 24e vendredi de manifestation

La police est déployée en très grand nombre à Alger depuis vendredi matin, avant la 24e grande manifestation hebdomadaire contre le régime, application concrète du refus de l'armée aux demandes de "mesures d'apaisement" en vue d'un futur dialogue.

Aux environs de la Grande Poste, bâtiment du coeur d'Alger et lieu de rassemblement hebdomadaire de la manifestation, des centaines de policiers en civil et en uniforme sont déployés et des milliers d'autres sont visibles dans le centre-ville, selon des journalistes de l'AFP.

Près de la Grande Poste, une dizaine de personnes ont été arrêtées, pour des motifs inconnus, et emmenées dans un fourgon qui a quitté les lieux.

"Pouvoir, assassin!"

Comme cela a été le cas ces dernières semaines, de très nombreux véhicules sont garés en files ininterrompues des deux côtés des principaux axes du centre-ville que doit emprunter le cortège, limitant l'espace alloué au manifestants et entravant l'accès à la rue depuis les trottoirs.

Des véhicules bloquent également l'accès à plusieurs rues aboutissant à ces axes principaux. Dans l'immédiat, seules une cinquantaine de personnes manifestent aux cris de "Pouvoir, assassin!", a constaté un journaliste de l'AFP.

Selon des vidéos postées sur les réseaux sociaux, ils scandent également des slogans hostiles au chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah - véritable homme fort du pays depuis la démission le 2 avril du président Abdelaziz Bouteflika, face au mouvement inédit de contestation - et disent refuser tout "dialogue avec le gang" au pouvoir.

Jeudi, une semaine après sa mise sur pied par le pouvoir, "l'Instance nationale de dialogue", déjà contestée, a indiqué qu'elle allait entamer "immédiatement" ses consultations en vue de définir les modalités de la présidentielle devant élire le successeur de M. Bouteflika et sortir l'Algérie de la crise politique.

Face aux critiques l'accusant de faire le jeu du pouvoir, cette Instance s'était pourtant engagée à ne commencer son travail qu'après des "mesures d'apaisement" réclamées au pouvoir, parmi lesquelles l'allègement du dispositif policier les jours de manifestation, dont la levée des barrages bloquant ou ralentissement l'accès à Alger, et l'arrêt de la répression policière des marches.

Des exigences rejetés "catégoriquement" mardi par le général Gaïd Salah qui a qualifié les mesures réclamées de "diktat". Des barrages routiers, mis en place dès l'aube par les forces de sécurité, ralentissent considérablement l'accès à la capitale vendredi, selon des témoignages recueillis par l'AFP.

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