Crise des migrants: RSF dénonce les entraves contre les journalistes sur les routes migratoires

Reporters sans frontières (RSF).
Reporters sans frontières (RSF). - © PHILIPPE LOPEZ - AFP

A l'approche de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, l'organisation Reporters sans frontières (RSF) dénonce "les obstacles délibérément mis en place par les États pour entraver la couverture médiatique de la plus grave crise humanitaire du début du XXIe siècle". Les journalistes mobilisés sur les routes empruntées par les migrants font l'objet de menaces, d'interpellations et de poursuites judiciaires, en ce compris en Europe.

A Agadez au Niger, carrefour des migrants guinéens, nigérians, maliens et soudanais, "les portes du centre de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) restent fermées". En Libye, les autorités "maquillent" la réalité tandis que les journalistes doivent filmer ou s'arrêter de filmer sur ordre. Au Liban, un journaliste syrien a été maltraité pendant six jours. Pour empêcher l'accès au centre de rétention de l'Australie externalisé sur l'île de Nauru, les frais des demandes de visa ont été fixés à l'équivalent de 8000 euros ("non remboursables, même en cas de refus, ce qui est généralement le cas").

Arrestations et mises en gars à vue

Partout dans le monde, "des milliers de personnes arrêtées sur leur parcours d'exil dépérissent loin des regards, des caméras et des micros, dans des trous noirs de l'information organisés par les États eux-mêmes", s'indigne RSF dans un communiqué publié lundi.

En France, des journalistes sont mis en garde à vue alors que les services de l'État ne répondent pas à leurs sollicitations pour obtenir des interviews d'acteurs officiels ou le droit d'accéder à des camps. Plusieurs ont été malmenés par des gendarmes alors qu'ils suivaient l'agriculteur Cédric Herrou, poursuivi pour délit de solidarité avec les migrants. Le journaliste américain Spencer Wolff, entre autres, a été arrêté plus de 24h pour "aide à la circulation de personnes en situation irrégulière".

Derrière l'objectif officiel de démanteler des réseaux de passeurs, "il y a clairement une volonté d'entraver notre travail sur le terrain", d'après le reporter indépendant Raphaël Krafft, cité par RSF et auteur de nombreux reportages à Vintimille en Italie, sur l'Aquarius ou dans les Alpes.

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