Crise de 2008, 10 ans après: "J'ai été témoin de la faillite de la banque Lehman Brothers"

J'ai été témoin de la faillite de la banque Lehman Brothers
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Il y a tout juste 10 ans, après d'ultimes négociations en vue d'un éventuel sauvetage, la banque américaine Lehman Brothers a déposé le bilan. Sur les 20.000 personnes que comptait la société, de nombreuses personnes sont restées dans le monde de la finance. Jean Marc Spitalier en fait partie. Il a quitté la banque quelques six mois avant le 15 septembre 2008, conscient que l'institution se dirigeait vers un écueil qu'il ne pouvait définir avec précision. Nous l'avons retrouvé à Londres qu'il n'a pas quitté. Dix ans après, il se souvient.

Je me suis sauvé

"Je me souviens de ce jour-là, c'était un moment très très triste. Moi, à priori, je n'avais pas de raison d'être triste, je m'étais, entre guillemets, sauvé, c'est à dire que je n'étais plus dans la banque. Mais c'était une disparition. (...). On voit les images des gens avec les cartons, à la télévision, ça aurait pu être moi et finalement, j'ai l'impression que c'était moi."

La faillite de Lehman Brothers n'a pas été la cause de la crise mais son symptôme

Avec 10 années de recul, le statut de "cause de la crise" attribué à son ancien employeur lui semble particulièrement injuste. Le système a puni celui qui s'est trompé: "S'il n'y a pas de punition, on incite les gens à continuer et à refaire les mêmes erreurs. Donc il faut punir quelque part celui qui se trompe et c'est très anglo-saxon et c'est ce qui est arrivé. il fallait en punir un, montrer l'exemple et puis je crois que les Américains en avaient marre d'utiliser l'argent des contribuables américains pour sauver les banques."

La nouvelle banque manque d'intérêt

Même si Jean Marc Spitalier considère que les banques actuelles, mieux capitalisées et donc mieux préparées à affronter les risques sont plus rassurantes pour les clients, il a préféré se lancer dans d'autres activités financières comme la gestion de patrimoine, pour garder un certain enthousiasme.

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