Crise au Burundi - Près de 90 morts, la communauté internationale s'inquiète

La communauté internationale s'inquiète de plus et plus de la situation au Burundi. Les violents incidents de cette fin de semaine dans la capitale Bujumbura ont amené aujourd'hui les Etats-Unis à demander à leurs ressortissants de quitter le pays "aussi rapidement que possible".

Quant au ministre belge Reynders, il a diffusé un nouveau communiqué dans lequel il dit craindre un "glissement vers une guerre civile". Les Affaires étrangères belges ont réclamé samedi soir la mise en place d'une enquête "immédiate et indépendante" après les affrontements et attaques de vendredi. Quatre-vingt sept personnes ont été tuées lors des attaques coordonnées de trois camps militaires au Burundi, selon l'armée. Alors que le pouvoir citait un bilan d'une douzaine de tués, l'armée annonçait des dizaines de victimes.

"Les combats se sont poursuivis pendant la nuit et les cadavres trouvés dans ces quartiers ce matin sont ceux d'ennemis", a dit le porte-parole militaire interrogé par téléphone. Dans plusieurs quartiers, les habitants ont accusé les forces de l'ordre d'avoir arrêté vendredi tous les jeunes qu'ils rencontraient et de les avoir exécutés délibérément, plusieurs heures après les attaques à l'aube par des insurgés de trois camps militaires de la capitale.

La communauté internationale en alerte

La détérioration de la situation a alarmé la communauté internationale. Vendredi, le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné les attaques contre les camps militaires et appelé au calme et au dialogue politique "afin de mettre fin au cycle de violences et de représailles".

A Washington, le Département d'état a donné ordre à ses ressortissants non indispensable de quitter le Burundi. Les autres américains sont priés d'éviter ce pays.

Quant au Ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, il a aussi exprimé aujourd'hui ses inquiétudes. Il rappelle la responsabilité individuelle de tous face aux crimes en cours. Didier Reynders réclame un dialogue qui "seul (...) peut permettre de prévenir une détérioration de la situation sécuritaire et un glissement vers la guerre civile". Il a appelé dimanche le Conseil de sécurité de l'ONU et le Conseil Paix et sécurité de l'Union africaine (UA) à se saisir "d'urgence" de la situation dans ce petit pays d'Afrique centrale et à "prendre les mesures de protection de la population qui s'imposent". 

Il a également annoncé son intention d'attirer l'attention de ses collègues de l'Union européenne sur la situation au Burundi lors du Conseil Affaires étrangères prévu lundi à Bruxelles.

"La montée des tensions et les nombreuses victimes dénombrées rappellent l'urgence de mener un dialogue inclusif, comme demandé par le Conseil de sécurité des Nations unies, l'Union Africaine et la Communauté des Pays d'Afrique de l'est (EAC). Seuls un tel dialogue et un renoncement à la violence peuvent permettre de prévenir une détérioration de la situation sécuritaire et un glissement vers la guerre civile", conclut le chef de la diplomatie belge.

 

Ces violences sont les pires enregistrées au Burundi depuis un coup d'Etat manqué en mai, déclenché par la candidature controversée du président Nkurunziza à un troisième mandat, qu'il a obtenu à l'élection qui a suivi en juillet.

Depuis le début des troubles fin avril, des centaines de personnes ont été tuées et plus de 200.000 personnes ont quitté le pays, selon l'ONU.

 

 

 

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