Crime", "mépris honteux"... Pékin dénoncé au Congrès américain au sujet de Liu Xiaobo

Liu Xiaobo est décédé ce jeudi, en détention en Chine.
Liu Xiaobo est décédé ce jeudi, en détention en Chine. - © MANDEL NGAN - AFP

Des élus du Congrès américain ont vivement condamné les autorités chinoises vendredi lors d'une audition spécialement consacrée au dissident Liu Xiaobo, décédé la veille en détention en Chine.

"Ce crime, la mort et la réduction au silence de Liu Xiaobo, doit poursuivre le parti communiste chinois comme une tache permanente et indélébile", a déclaré le républicain Chris Smith, qui préside la sous-commission des droits de l'homme de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.

La chef de file des démocrates de la Chambre, Nancy Pelosi, a dénoncé "le mépris honteux de la Chine pour les libertés fondamentales".

"Il y a des prisonniers de conscience en Chine et ailleurs dans le monde qui ont besoin de notre aide", a lancé le républicain Ed Royce, président de la commission. "Que le courage de Liu Xiaobo nous pousse aussi à rechercher leur liberté".

Les élus ont appelé à la libération de la veuve du prix Nobel de la paix, Liu Xia, placée en résidence surveillée depuis 2010.

"La Chine a délibérément décidé de ne pas traiter le cancer de Liu Xiaobo plus tôt"

Trois témoins, qui ont côtoyé ou aidé Liu Xiaobo, se sont succédé au micro pour critiquer l'attitude des autorités chinoises, qui ne l'ont pas libéré malgré le cancer du foie auquel il a succombé jeudi dans un hôpital chinois.

Yang Jianli, un dissident chinois vivant aux Etats-Unis, a déclaré que l'opposant avait subi deux examens médicaux l'an dernier, mais qu'aucun n'avait officiellement révélé le cancer.

"Beaucoup, dont moi, soupçonnent les responsables chinois d'avoir intentionnellement caché cette information", a-t-il dit. "Je suis persuadé que le régime chinois a délibérément décidé de ne pas traiter le cancer de Liu Xiaobo plus tôt", a-t-il affirmé, dénonçant "un lent assassinat".

Perry Link, son ancien traducteur basé à l'Université de Californie à Riverside, a rappelé que le dissident avait toujours refusé de quitter la Chine pour l'étranger, jusqu'à ses derniers jours quand il a demandé à partir se faire soigner en Allemagne ou aux Etats-Unis, avec sa femme et son beau-frère.

Le professeur Link a supposé qu'il "voulait dépenser ce qui lui restait d'énergie à aider sa femme chérie et souffrante Liu Xia (...) à quitter la Chine".

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