Crash en Ukraine: cafouillages sur les lieux du drame

Crash d'avion en Ukraine: cinq Belges parmi les 298 victimes
2 images
Crash d'avion en Ukraine: cinq Belges parmi les 298 victimes - © Tous droits réservés

Un Boeing 777 de la compagnie aérienne Malaysia Airlines s'est écrasé jeudi dans l'est de l'Ukraine, dans une zone contrôlée par les séparatistes pro-russes, avec à son bord 298 personnes dont six Belges. Aucun survivant n'a été retrouvé. Cent vingt et un corps ont déjà été récupérés. Les premiers éléments de l'enquête semble confirmer que l'avion de ligne a été abattu par un missile. Reste à savoir par qui il a été tiré.

Les services de secours ont récupéré à l'heure actuelle 121 corps de victimes du crash d'avion survenu jeudi dans l'est de l'Ukraine, a fait savoir vendredi matin la protection civile ukrainienne à l'agence russe Interfax.

Regardez ces images qui montrent le crash de l'avion, tournées par un amateur:

Des morceaux du fuselage déchiqueté, dont la queue de l'appareil avec le logo de Malaysia Airlines, ainsi que des bagages, sont toujours disséminés sur une vaste zone autour du village de Grabove, dans la région de Donetsk (est de l'Ukraine). On parle d'une superficie d'environ 20 km2.

La compagnie Malaysia Airlines a, jusqu'à présent, confirmé la nationalité de 258 personnes sur les 298 qui se trouvaient à bord : cinq Belges, 173 Néerlandais, 27 Australiens, 44 Malaisiens (dont les quinze membres d'équipage), douze Indonésiens, neuf Britanniques, quatre Allemands, trois Philippins, un Canadien et un ressortissant néo-zélandais. Les 19 autres n'ont toujours pas pu être identifiées.

Le ministère des Affaires étrangères roumain a, pour sa part, précisé qu'un ressortissant roumain qui avait la double nationalité se trouve parmi les victimes du crash. Mais il a refusé de préciser l'autre nationalité de la victime.

Enfin, notons que parmi les victimes se trouvait aussi un porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Glen Thomas, qui se rendait à la conférence sur le Sida de Melbourne. Joep Lange, un éminent spécialiste de la lutte contre le sida, se trouvait également dans l'avion. Un sénateur néerlandais complète ce funeste tableau des victimes.  

Six Belges parmi les victimes, le parquet ouvre une enquête

Un francophone originaire de Namur et quatre néerlandophones se trouvaient parmi les victimes du crash du Boeing 777 dans l'est ukrainienUne sixième victime belge a aussi été dénombrée, annonçaitle miistre des Affaires étrangères ce vendredi après-midi. Il s'agit d'une personne possédant  la double nationalité belgo-néerlandaise, résidait aux Pays-Bas et avait déjà été identifiée comme victime néerlandaise.

"Nous sommes en contact avec les familles des victimes", a indiqué Didier Reynders. Parmi les victimes, on compte un francophone originaire de Namur, deux néerlandophones de Brasschaat (Anvers), une personne résidant à Wetteren (Flandre Orientale), ainsi qu'un néerlandophone habitant en Australie. 

Les corps devront être prochainement identifiés et ramenés dans une ville de l'Est ukrainien. "Il s'agira très probablement de Donetsk ou Kharkov", a-t-il ajouté. "Les familles pourront ensuite être envoyées en Ukraine". "Aucune information n'a pu être donnée quant à la date du rapatriement des victimes belges".

Une équipe d'experts de la DVI a été dépêchée vendredi matin à Schiphol, afin d'appuyer les autorités néerlandaises. "Les lieux de l'accident doivent être sécurisés d'urgence. Une initiative a été lancée au niveau de l'ONU et de l'OSCE. Ensuite, il est primordial de mettre en place une enquête internationale et indépendante", estime le chef de la diplomatie belge. 

Didier Reynders n'a pas souhaiter se prononcer sur les responsabilités impliquées dans l'accident du Boeing 777 malaisien. "La plupart des experts s'accorde à dire dans les médias qu'il s'agirait d'un tir sol-air. Mais nous attendons d'abord les résultats de l'enquête." Le parquet fédéral envisage d'ouvrir sa propre enquête sur le crash d'un avion malaisien en Ukraine et rassemble actuellement des éléments dans ce sens, a par ailleurs indiqué vendredi le porte-parole du parquet.

De son côté, le Premier ministre sortant, Elio Di Rupo, a rendu vendredi midi un hommage appuyé aux victimes de cette "tragédie". Il a demandé l'organisation d'une enquête internationale indépendante et la sécurisation du site où se sont répandus les débris de l'avion.

Kiev accuse les rebelles d'empêcher les enquêteurs d'accéder au site

Les équipes d'investigation ukrainiennes n'ont pas encore eu accès au site du crash de l'avion de Malaysia Airlines, ont indiqué à Bruxelles des sources européennes. Un site sous contrôle des rebelles indépendantistes pro-russes.

Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a déclaré vendredi matin à Kiev que les séparatistes pro-russes ne laissaient pas y accéder les enquêteurs de l'agence d'aviation ukrainienne.

Des responsables séparatistes avaient déclaré la veille, quelques heures après la chute de l'avion, qu'ils laisseraient les enquêteurs internationaux travailler sur le site du crash. Mais vendredi matin, aucun expert étranger n'était encore présent sur les lieux, ont constaté des journalistes de l'AFP. Les deux boîtes noires de l'appareil ont été cependant retrouvées sur le lieu du crash par les services d'urgence ukrainiens, a fait savoir Kiev, alors que les séparatistes avaient annoncé jeudi soir en avoir récupéré une. Un responsable séparatiste avait d'ailleurs dit auparavant que ces enregistreurs de vol allaient être envoyés à Moscou pour y être décryptés. 

Un responsable du ministère ukrainien des Affaires étrangères a réagi à cette déclaration en soulignant que selon le droit international les boîtes noires devaient rester sur le territoire du pays où s'est produit l'incident et que leur expédition à l'étranger serait illégale. Un porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko a dit vendredi ne pas savoir où se trouvent les boîtes noires.

De son côté, l'OSCE a pu avoir accès au site en fin de journée, ce jeudi. Après une brève discussion, un groupe d'insurgés a laissé les inspecteurs accéder au site sur lequel l'avion avec 298 personnes à son bord s'était écrasé, très probablement abattu par un missile sol-air. "Nous ne sommes pas une équipe d'enquêteurs. Nous sommes ici pour vérifier si le périmètre est sûr et si les (dépouilles des) victimes sont traitées de la manière la plus humaine possible", a dit aux rebelles Alexander Hug, l'un des responsables de l'équipe.

La Malaisie envoie deux équipes en Europe

La Malaisie envoie une équipe de 40 membres de la Malaysia Airlines aux Pays-Bas pour accompagner les familles des victimes du crash, a annoncé le ministre malaisien des Transports, Liow Tiong Lai, lors d'une conférence de presse vendredi à Kuala Lumpur. Ce dernier a également indiqué qu'une autre équipe de 62 personnes (secouristes, enquêteurs et agents de sécurité) serait envoyée sur le lieu de l'accident en Ukraine.

Le ministre a déclaré que la Malaisie "condamnait fermement ces actions" et a appelé à la "protection de l'intégrité du site où l'avion s'est écrasé, par respect pour les victimes". Kiev aurait assuré à la Malaisie la mise en place d'un couloir aérien sécurisé pour acheminer l'équipe jusqu'au lieu de la catastrophe.

L'organisation policière internationale Interpol, basée en France, a aussi offert vendredi son aide "pour aider à l'identification et au rapatriement des restes" des passagers du vol MH17.  "Nous aiderons aussi à déterminer si l'un des passagers à bord du vol MH17 a embarqué avec un passeport signalé perdu ou volé à Interpol ou si l'un d'entre eux était lié à un comportement criminel grave", a indiqué le secrétaire général de l'organisation.

L'avion vraisemblablement abattu, mais par qui ?

Des experts des services de renseignement américains estiment que le Boeing 777 de Malaysia Airlines, parti d'Amsterdam pour Kuala Lumpur, a été abattu par un missile sol-air dont l'origine reste cependant encore incertaine. Kiev et Moscou s'accusent mutuellement.

Des messages affichés - et parfois rapidement enlevés - sur des sites internet rebelles et des conversations interceptées par les services de sécurité ukrainiens laissent penser que l'appareil a pu être abattu par erreur par les rebelles, qui l'auraient pris pour un avion militaire ukrainien.

Si jamais cette hypothèse, à traiter avec prudence dans le contexte d'une virulente guerre de propagande et de désinformation, se confirmait, la position des séparatistes et de leur allié Vladimir Poutine se trouverait considérablement affaiblie face à la communauté internationale.

En attendant d'en savoir davantage, l'espace aérien au-dessus des régions de l'est de l'Ukraine a été fermé. Une décision prise par les autorités ukrainiennes.

Certains dirigeants européens réclamaient ce vendredi un cessez-le-feu entre les belligérants sur le terrain dans l'est de l'Ukraine. Cette proposition a d'ores et déjà été exclue par un chef séparatiste. Par contre, le "Premier ministre" de la "république autoproclamée" de Donetsk, Alexandre Borodaï, a assuré que les insurgés pro-russes laisseraient les enquêteurs accéder au lieu de la catastrophe.

Ce dernier a précisé avoir eu des contacts avec des responsables aux Pays-Bas d'où a décollé l'avion avec 298 personnes à bord, et en Malaisie. "Ils nous demandent de laisser les lieux en l'état, donc pour l'instant nous ne touchons à rien", a-t-il souligné.

Il a également souligné ne pas disposer de suffisamment de réfrigérateurs pour garder les corps (dont 181 ont été retrouvés) à Donetsk, chef-lieu de la région rebelle. "S'ils peuvent être emmenés à Kharkiv (est de l'Ukraine), ce serait un solution", a-t-il souligné.

RTBF avec agences

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK