Crash du vol MH17: Moscou se retire de consultations avec les Pays-Bas et l'Australie

Le crash avait fait 298 victimes, parmi lesquelles 196 Néerlandais.
Le crash avait fait 298 victimes, parmi lesquelles 196 Néerlandais. - © EMMANUEL DUNAND - AFP

La Russie a annoncé jeudi se retirer des consultations avec les Pays-Bas et l'Australie sur le crash du vol MH17, abattu en 2014 au dessus de l'Ukraine, dénonçant des tentatives "vicieuses" d'en imputer la responsabilité à Moscou. "Des actes inamicaux des Pays-Bas privent de sens toute poursuite des consultations tripartites et notre participation" à ces discussions entamées en 2018 afin d'établir les origines de la catastrophe, a déclaré la diplomatie russe dans un communiqué.

298 victimes le 17 juillet 2014

Un Boeing 777 de la compagnie Malaysian Airlines, effectuant le vol MH17 d'Amsterdam pour Kuala Lumpur le 17 juillet 2014, avait été touché en plein vol par un missile BUK de conception soviétique au-dessus de la zone de conflit armé avec les séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine. Les 298 personnes à bord, parmi lesquelles 196 Néerlandais et 38 Australiens, avaient été tuées. 

En juillet, "après seulement trois rounds des consultations", le gouvernement néerlandais a annoncé traduire en justice la Russie devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) "pour son rôle dans la destruction du vol MH17", rappelle le communiqué.

La Russie accusée par les Pays-Bas

Les Pays-Bas "manifestent ainsi leur intention ferme de poursuivre le chemin vicieux (...) d'imputer de manière unilatérale la responsabilité à la Russie pour ce qui s'est passé", déplore la diplomatie russe.

Les Pays-Bas ont ouvertement accusé la Russie de la mort de ses ressortissants. Moscou a de son côté toujours nié avec véhémence toute implication dans le crash et a rejeté la faute sur Kiev. "L'Australie et les Pays-Bas n'ont visiblement pas cherché à comprendre ce qui s'est vraiment passé à l'été 2014, mais voulaient seulement obtenir des aveux de la Russie et obtenir des compensations pour les proches des victimes", a accusé la diplomatie russe. Moscou va "poursuivre sa coopération" avec les Pays-Bas dans le cadre de l'enquête sur le crash, mais "sous un format différent", selon le communiqué.

En mars, la justice néerlandaise a débuté le procès de quatre suspects, trois Russes et un Ukrainien, accusés d'avoir provoqué le drame.

Déception des Pays-Bas

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte s'est dit jeudi, en marge d'un sommet européen à Bruxelles, "surpris" et "déçu" par la décision unilatérale de la Russie de se retirer des consultations avec les Pays-Bas et l'Australie sur le crash du vol MH17, abattu en 2014 au dessus de l'Ukraine. "C'est douloureux pour les proches" des victimes, a-t-il souligné.

"Nous voulons poursuivre les négociations afin de répondre aux attentes des 298 victimes et de leurs proches", a-t-il poursuivi. Les Pays-Bas "et l'Australie sont plus que motivés de mener à bien ce projet et n'écartent aucune option", selon le Premier ministre néerlandais.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK