Crash du MH17: le missile provenait d'une unité militaire russe

Le missile qui a abattu le vol MH17 au-dessus de l'Ukraine en 2014 provenait d'une unité militaire russe, ont indiqué jeudi les enquêteurs internationaux.

Les enquêteurs "ont conclu que le missile Bouk-Telar qui a abattu MH17 provenait de la 53e brigade anti-aérienne basée à Koursk, en Russie", a annoncé l'enquêteur néerlandais Wilbert Paulissen. "La 53e brigade fait partie des forces armées russes", a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse aux Pays-Bas.

Il a ajouté que le collectif d'enquête Bellingcat était déjà arrivé aux même conclusions auparavant.

L'Australie, la Belgique, la Malaysie, les Pays-Bas et l'Ukraine collaborent au sein de cette équipe. L'objectif de cette dernière est de découvrir comment la catastrophe a pu avoir lieu et faire comparaître les coupables devant la justice.

Beaucoup de preuves, mais pas encore assez pour procéder à des accusations

A ce jour, l'équipe internationale a minutieusement recréé la route empruntée par le convoi militaire depuis Koursk à travers la frontière ukrainienne en utilisant des photos et des vidéos. 

Selon l'enquêteur Paulissen, le missile Bouk possède "nombre de caractéristiques uniques qui en tant que telles constitueraient une sorte d'empreinte digitale pour un missile".

Moscou a à plusieurs reprises nié son implication dans le drame en pointent du doigt les forces ukrainiennes.

L'investigation menée par les Pays-Bas est actuellement focalisée sur quelque 100 personnes soupçonnées de jouer "un rôle actif" dans cette affaire. Aucun nom n'a jusqu'à présent été cité.

Deux personnes appelées sous les noms de code Orion et Delfin ont été identifiées comme les principaux suspects sur la base d'enregistrements de leurs conversations avant et après le crash. 

Le chef des enquêteurs Fred Westerbeke a souligné jeudi que l'enquête était dans sa "phase finale" en estimant qu'il y "avait encore du travail à faire"

Au cours des années précédentes "nous avons acquis beaucoup de preuves, mais nous ne sommes pas encore prêts" à procéder à des accusations, a-t-il dit. 

De son côté, la Russie a réagit ce jeudi après-midi. Elle rejette les accusations. Selon l'armée russe, citée par les agences, "aucun missile anti-aérien de l'armée russe n'a jamais franchi la frontière russo-ukrainienne".

Didier Reynders se dit "satisfait"

Dans un communiqué, le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), c'est dit "satisfait" de ces résultats complémentaires dont il souligne  "la qualité et l’indépendance".

"La communauté internationale doit continuer à soutenir cette enquête", ajoute-t-il. Didier Reynders "appelle tous les pays à collaborer à cette enquête sur base de la résolution 2166 (2014) du Conseil de Sécurité des Nations Unies afin que les responsables puissent être poursuivis".

Et d'affirmer que "la Belgique poursuivra ses efforts pour faire la lumière sur tous les faits, afin que la justice puisse être rendue de manière indépendante, honnête et transparente pour les victimes et leurs familles".

Rappel des faits

C'était il y a quasi 4 ans : le crash du MH17 est survenu en juillet 2014. L'avion devait relier Amsterdam à Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie. Il a été abattu par un missile alors qu'il survolait l'Ukraine. 

C'est une enquête pénale internationale coordonnée par les Pays-bas - deux tiers des victimes étant Hollandaises - et à laquelle participent l'Australie, la Malaisie, l'Ukraine et la Belgique... Pourquoi la Belgique ? Et bien parce que parmi les 283 passagers décédés, 4 sont de nationalité belge.

Objectif : déterminer les causes du crash d'un avion de la Malaysia Airlines en juillet 2014 alors qu'il survolait l'est de l'Ukraine. Dans un premier rapport, les enquêteurs ont pointé la responsabilité écrasante de la Russie. Pour eux pas de doute : l'explosion du Boeing provient d'un tir de missile de fabrication russe. Tandis que le tir  lui-même a été exécuté depuis une zone de l'Ukraine tenue par les séparatistes pro russes... Des conclusions qui devraient être confirmée et précisées lors d'un nouveau point sur l'instruction judiciaire en cours... Une enquête vertement critiquée par les autorités russes... qui démentent toute responsabilité dans cet accident.

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