Crash A320: le copilote suivait un traitement médical et a caché son état

Le président allemand Joachim Gauck rendant hommage aux victimes du crash
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Le président allemand Joachim Gauck rendant hommage aux victimes du crash - © MAJA HITIJ - BELGAIMAGE

La police allemande a affirmé vendredi avoir saisi des indices à l'un des domiciles du copilote Andreas Lubitz soupçonné d'avoir provoqué l'accident de l'A320 qui a fait 150 morts dans les Alpes françaises. Un certificat médical déchiré a été retrouvé à son domicile. Le copilote n'était pas censé travailler le jour du crash.

Le Parquet de Düsseldorf a annoncé avoir retrouvé au domicile d'Andréas Lubitz une attestation d'arrêt maladie pour le jour du crash, mais le document était déchiré, nous rapporte notre confrère Pascal Thibaut, correspondant de Radio France Internationale en Allemagne. Andréas Lubitz n'a donc tenu aucune compte de l'avis médical.

L'enquête sur le crash de l'Airbus A320 de Germanwings suit son cours. On sait maintenant que le copilote Andréas Lubitz a refusé d'ouvrir la porte du commandant de bord qui s'était brièvement absenté et qu'il a entraîné délibérément l'avion vers le crash. Les enquêteurs allemands ont perquisitionné jeudi soir aux deux domiciles du copilote de l'avion, à Düsseldorf où il disposait d'un appartement et à Montabaur, dans la Rhénanie-Palatinat où il vivait une partie du temps chez ses parents.

Le pilote suivait bien un traitement médical

Lors de ces perquisitions, des documents ont été découverts qui attestent qu'il suivait bien un traitement médical. Les enquêteurs ont retrouvé chez lui des formulaires d'"arrêts maladie détaillés, déchirés" et qui concernaient aussi "le jour des faits", a affirmé le Parquet de Düsseldorf dans un communiqué.Quant à savoir de quelle maladie il s'agit, il n'y a pas de réponse pour l'instant.

Ces documents viennent "appuyer la thèse" selon laquelle Andreas Lubitz, 27 ans, "a caché sa maladie à son employeur (la compagnie aérienne Germanwings) et à son environnement professionnel", toujours selon le Parquet.

En revanche, aucune lettre d'adieux, testament ou courrier annonçant un acte prémédité n'a été découvert.

"On a saisi des indices. Il s'agit de divers objets et papiers", a affirmé un porte-parole de la police de Düsseldorf, Marcel Fiebig. "On verra si (les indices saisis) apportent finalement des éléments de preuve. On va étudier tout cela", a-t-il précisé, évoquant un "malentendu" avec des médias britanniques citant la police de Düsseldorf sur la découverte de preuves.

Outre cela, les enquêteurs ont notamment emporté l'unité centrale d'un ordinateur, ainsi que deux grands sacs bleus et un carton visiblement plein.

"Une grave dépression", selon la presse allemande

Les enquêteurs cherchent toujours à comprendre les motivations d'un tel geste. Rien ne laisse supposer que le jeune homme, avec 630 heures de vol à son actif, ait pu avoir des tentations terroristes. Cependant beaucoup d'autres explications sont possibles, notamment celle de la dépression sévère.

La thèse d'un suicide du copilote de l'Airbus A320 a été évoquée et reste la principale piste, alors qu'il apparaît que le jeune homme aurait souffert d'une "grave dépression", selon le quotidien Bild.

La difficulté de rapatrier les corps

À bord de l'A320 de Germanwings qui devait relier Barcelone à Düsseldorf se trouvaient 150 personnes, toutes décédées. Relever leurs corps des lieux du crash reste une opération difficile. "Il faudra du temps", explique le général commandant Galtier de la gendarmerie de la région Provence Alpes Côte d'Azur.

En cause, la zone particulièrement montagneuse du sud des Alpes françaises où s'est écrasé l'avion. "L’évacuation par hélicoptère a été privilégiée compte tenu du milieu périlleux, difficile et montagneux", explique-t-il. "Il s'agit de parties de corps humains qui sont pris donc en compte par la chaîne post mortem qui procède ensuite aux opérations". Le rapatriement total ne devrait pas s’achever avant la fin de la semaine prochaine ou même celle d’après.

Désormais à deux dans le cockpit

Les conditions dans lesquelles s'est produit le crash de l'A320 bousculent le monde aéronautique. Plusieurs compagnies aériennes ont annoncé qu'elles imposeraient désormais la présence obligatoire et permanente de deux personnes dans la cabine de pilotage, suite à l'annonce de l'acte suicidaire du copilote de l'Airbus qui s'est enfermé dans le cockpit.

Chez nous, EasyJet et Thomas Cook ont quant à eux pris la décision d’imposer ces règles dès aujourd’hui. Des compagnies norvégienne et islandaise ont quant à elles aussi annoncé ces changements qui seront d’application très rapidement. La Fédération allemande du secteur aérien dit vouloir imposer aussi cette règle à l'avenir. Aux États-Unis cette réglementation était déjà d'application.

Mais pour Eric Prévot, commandant de bord pour Air France sur Boeing 777, ces mesures prises  sont davantage celles qui donnent bonne conscience. Il émet des réserves sur son compte Twitter quant à cette règle du duo obligatoire, car pour lui, "l'amélioration de la sécurité ne se fait pas sous le coup de l'émotion et de la pression médiatique".

RTBF avec Belga

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