CQFD: Un débat ultra tendu entre Catalans indépendantistes et unionistes

Les condamnations de plusieurs leaders indépendantistes catalans à de la prison ferme hier ont provoqué une vive réaction aux quatre coins de la Catalogne. Au lendemain de l'annonce de cette décision de justice qui divise, CQFD propose un débat entre Catalans ce soir, un indépendantiste et un unioniste car, il faut le préciser, tous les catalans ne sont pas pour l'indépendance de la Catalogne. Pour en parler: Toni Comin, ancien ministre catalan en exil en Belgique et Ignasi Guardans, ancien député catalan, espagnol et européen, aujourd'hui chroniqueur et commentateur politique. 

Un populisme catalan équivalant au populisme de Johnson et de Trump

Opposé à l'indépendance de la Catalogne, Ignasi Guardans précise d'emblée qu'on parle d'un débat entre Catalans, plus que d'un débat entre la Catalogne et l'Espagne. "L'indépendantisme catalan n'a jamais dépassé 47% des voix. Moi je suis Catalan, et je suis avec la majorité des Catalans. Plus de 3 millions de Catalans n'ont jamais voté pour l'indépendance (...) Il y a un populisme en Catalogne équivalant au populisme de Boris Johnson, au populisme de Donald Trump: ils représentent une partie mais pas tout le pays".

"C'est précisément pour cette raison que nous demandons, avec un majorité de députés depuis 2010, un référendum d'indépendance pour savoir combien de Catalans exactement sont pour cette indépendance", répond Toni Comin. 

Condamnation de l'exercice d'un droit fondamental?

La condamnation des neufs leaders indépendantistes catalans à des peines de 9 à 12 ans de prison ferme pour sédition et détournement de fonds publics est "une condamnation par arnaque", affirme Ignasi Guardans, qui précise que la Cour suprême espagnole les considère comme des "arnaqueurs". "Ils ont trompé la majorité des Catalans et ont promis ce qu'ils n'ont pas pu donner, c'est sur cette base qu'ils ont été condamnés", explique-t-il.

Pour Toni Comin, c'est un exercice des droits fondamentaux que la justice espagnole a condamné. "Quand un état transforme en quelque chose de punissable de plus de 10 ans de prison l'exercice du droit de manifestation, on n'est pas dans une démocratie normale", affirme l'homme qui s'est exilé en Belgique pour éviter une arrestation par les autorités espagnoles.

Le Canada n'a pas fait ça avec le Québec

"La judiciarisation d'un conflit politique ne marche pas", conclut Toni Comin, "ce n'est pas efficace, c'est une irresponsabilité totale. Le Canada n'a pas fait ça avec le Québec, ni le Royaume-Uni. Il n'y a que l'Espagne qui a choisi la voie de la judiciarisation, de la répression". 

"Le droit pénal n'est clairement pas une solution à ce problème de famille que nous avons, poursuit Ignasi Guardans, en précisant: "la nation catalane et la nation espagnole connaissent une crise interne, mais le droit pénal est important à respecter, quand une partie veut s'imposer à l'autre, par la force".

CQFD, Ce Qui Fait Débat, un face à face sur une question d'actualité chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h en télé sur La Trois.

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