Covid-19 : par peur des vaccinés, les complotistes recommandent désormais le port du masque et la distanciation

Alors que certains comme aux Etats-Unis font tomber leurs masques (abandon de l’obligation en extérieur pour les vaccinés), d’autres l’adoptent seulement maintenant. Une nouvelle théorie fait en effet son chemin au sein de la communauté anti-vaccin dans le monde : les vaccinés sont désormais dans leur collimateur, et chez ceux qui étaient contre les mesures, les masques deviennent dès lors incontournables et la distanciation sociale de rigueur, rapporte Vice.

Leur théorie est la suivante : les personnes vaccinées répandraient une "protéine" sur les personnes non-vaccinées, avec pour conséquence des effets indésirables tels qu’un flux menstruel irrégulier, de la stérilité ou encore des fausses couches. Des mythes pourtant déjà réfutés par la communauté scientifique. Mais rien n’y fait et plusieurs pistes ont été mises en avant afin de se protéger des vaccinés, devenues persona non grata.

Remix des mesures covid

Afin de se "protéger" des personnes vaccinées, plusieurs solutions sont proposées par les anti-vaccins : des mesures bien connues dans le monde depuis le début de la crise du Covid-19, mais pourtant jusqu’alors décriées par la communauté anti-masques et vaccins. La distanciation sociale est désormais recommandée, peut-être même ad vitam aeternam affirme Sherri Tenpenny, ostéopathe américaine et personnalité phare dans la communauté antivax, le temps d’un livestream.

Larry Palevksy, pédiatre anti-vaccin new-yorkais, s’est quant à lui aussi exprimé lors d’un livestream. Selon lui, "il y a quelque chose qui est transmis de personnes qui ont été touchées par ce poison à d’autres qui n’ont pas été vaccinées".

Le pédiatre va même encore plus loin et plaide pour un "badge" pour les personnes vaccinées afin de les reconnaître et de les éviter. D’autres proposent même la quarantaine pour les personnes fraîchement vaccinées.

 

La négation du vrai problème

Ce qui inquiète la communauté scientifique, c’est bien le détournement fait par les antivax du vrai problème : le virus. Pour Muriel Moser, spécialiste de l’immunobiologie à l’ULB : "ces personnes oublient totalement les problèmes que peut provoquer le virus, ce qui est effarant". Sans oublier les covid longs qui souffrent de symptômes persistants, voire invalidants, toujours pas reconnus par les autorités.

La "Spike", protéine visée par les anti-vaccins, est produite une fois l’ARN messager injecté, et est indispensable pour que le virus infecte la personne. "Elle est présentée à l’ensemble des lymphocytes de la réponse immunitaire après la migration dans les ganglions, mais rien ne sort du corps !" confirme Muriel Moser, tout en rappelant que c’est bien le virus qui se transmet par voie aérosol, et non pas cette protéine.

Quid de ces effets indésirables ?

"Avoir des menstruations dérégulées parce que vous êtes à côté de quelqu’un de vacciné, ça n’a biologiquement, aucun sens", explique également la spécialiste. Concernant les problèmes de grossesse et de fausse couche, idem, aucune incidence sur les personnes non-vaccinées et vaccinées. Au contraire, les femmes enceintes non-vaccinées atteintes du covid risquent certaines complications : "Il peut y avoir des inflammations qui justement peuvent provoquer une fausse couche ou un accouchement prématuré".

Le Conseil supérieur de la Santé préconise la vaccination pour les femmes enceintes, depuis le 4 mai, elles sont prioritaires pour la vaccination.

L’immunologue rappelle également les bienfaits des vaccins pour l’humanité : "Si on regarde l’histoire et les effets bénéfiques de la vaccination, c’est juste incroyable". Rappelons-nous de la variole : le virus a tué plus de 300 millions de personnes pendant la première moitié du 20ème siècle.

Une théorie qui prend de l’ampleur

Récemment, aux Etats-Unis, une école privée à Miami a interdit aux professeurs d’interagir avec des étudiants non-vaccinés. Certains professeurs auraient également mis en garde leurs élèves, en leur conseillant de ne plus faire de câlins à leurs parents vaccinés pendant plus de 5 secondes, afin d’éviter des effets indésirables.

Au Canada, dans la province de la Colombie-Britannique, des commerçants ont banni les personnes vaccinées de leur commerce, s’inquiétant de la supposée protéine émise par les vaccinés. Le masque y est évidemment interdit.

De la muselière à l’arme de protection

Ceux qui dénonçaient la "dictature sanitaire" se retrouvent donc à appliquer les mêmes règles qu’ils décriaient encore il y a quelques mois. Le masque, symbole fort de cette pandémie et de la lutte contre la Covid-19, était longuement critiqué par les coronasceptiques. Ces derniers considéraient le masque comme un nid à microbes, inutile, même dangereux, ne permettant pas une oxygénation suffisante selon eux.

Ainsi, toujours selon les coronasceptiques, le port du masque avait un seul et unique but : asservir la population, qui se retrouve privée de liberté. La communauté se méfiait alors des personnes masquées, ils étaient alors considérés comme des moutons.

Etats-Unis : les vaccinés ne portent plus de masques (JT 14/05/2021)

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