Coupe du monde 2022 : Amnesty accuse le Qatar de ne pas payer des travailleurs migrants

Coupe du monde 2022 : Amnesty accuse le Qatar de ne pas payer des travailleurs migrants
Coupe du monde 2022 : Amnesty accuse le Qatar de ne pas payer des travailleurs migrants - © typhoonski - Getty Images/iStockphoto

Les travailleurs migrants employés sur le chantier de construction d’un stade pour la Coupe du monde de la FIFA au Qatar ont travaillé jusqu’à sept mois sans être payés, dénonce Amnesty International dans un rapport publié jeudi.

Une centaine d’employés de Qatar Meta Coats (QMC), entreprise de design et de construction sous-traitant les travaux de façade du stade Al Bayt, projet d’un montant de 770 millions d’euros, attendent toujours de se faire payer la totalité des sommes qui leur sont dues, affirme l’organisation. Ce défaut de paiement empêcherait les travailleurs migrants de payer les frais de scolarité et médicaux de leur famille.

"Cette affaire illustre une nouvelle fois à quel point il est facile d’exploiter les travailleurs au Qatar, y compris ceux qui construisent l’un des joyaux de la Coupe du monde. Depuis des années, nous exhortons le Qatar à réformer son système, mais il est clair que le changement n’a que trop tardé", affirme Steve Cockburn, directeur du programme Justice économique et sociale à Amnesty International. Il ajoute par ailleurs que les organisateurs de la Coupe du monde étaient au courant des retards de paiement des salaires depuis juillet 2019.

Appels timides au changement de pratiques

L’organisation, qui affirme que l’entreprise QMC n’a pas renouvelé les permis de séjour de ses employés, les exposant ainsi au risque d’être arrêtés et expulsés, appelle le Qatar à veiller à ce qu’ils aient des papiers valides et soient remboursés des frais engagés pour obtenir leur emploi au sein de l’entreprise.

La FIFA, qui aurait déclaré n’avoir pris connaissance de la situation qu’à la suite de l’enquête menée par Amnesty International, "doit intervenir" pour inciter le Qatar à réformer son système, selon l’ONG. "Le fait que la FIFA n’ait pas été au courant de la situation épineuse des travailleurs sur l’un des stades de la Coupe du monde pendant aussi longtemps montre qu’elle ne prend pas encore suffisamment au sérieux les atteintes aux droits humains liées à la Coupe du monde de football Qatar 2022."

Archives : Journal télévisé du 01/03/2020

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