Coup d’Etat en Birmanie : ce 1er août, 6 mois déjà que la junte a pris le pouvoir

Il y a déjà six mois que la Birmanie vit une répression sanglante faisant près de 900 tués et 7000 personnes arrêtées. Rappelez-vous, le 1er février dernier, la junte avait pris le pouvoir et la dirigeante du pays, Aung San Suu Kyi, avait été arrêtée. Aujourd’hui, elle est totalement hors-jeu.

Ces dernières semaines, l’actualité birmane est nettement moins abordée de notre côté du monde et pourtant, la situation y est toujours aussi dramatique. Six mois après, des milliers de Birmans manifestent, encore, tous les jours d’une manière ou d’une autre, contre les putschistes et pour la démocratie.

"C’est presque un pays entier qui s’est relevé contre la dictature, ce n’est pas une illusion de dire ça", explique Frédéric Debomy, spécialiste de la Birmanie dans Soir Première.

Une recrudescence des violences militaires

Dès la mise en place de cette junte militaire, plusieurs milliers de manifestants ont décidé de protester contre le régime et d’exprimer leur opposition au coup d’Etat. Il y a eu une mise en place de milices citoyennes contre la junte et donc, une recrudescence des violences entre militaires et factions ethniques. 

Suite à ses évènements et ses violences quotidiennes, beaucoup de professeurs ont rejoint l’appel à la grève des cheminots, des médecins, des ingénieurs ou des ouvriers qui a pour but de paralyser des secteurs entiers de l’économie du pays. 


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"On l’a vu en mars dernier où le mode de protestation choisi était de rester chez soi. Aucun commerce n’a ouvert d’un bout à l’autre du pays. Ce jour-là, on a vu que c’est presque tout un pays qui ne veut plus du règne militaire", ajoute Frédéric Debomy.

Une déception vive pour les Birmans

Mais à ce jour, la déception est vive vis-à-vis de la communauté internationale. Il n’y a pas d’avancée concrète.

"Il y a eu énormément de messages pour demander de l’aide aux pays voisins ou encore aux Nations Unies. Mais la situation est toujours pareille. La junte est au pouvoir. Du coup, la déception est telle que depuis quelques semaines, certains manifestants pacifistes sont devenus des manifestants armés", explique le spécialiste à la Première.

Aujourd’hui encore, des protestations se déroulent tous les jours aux quatre coins de la Birmanie sous différentes formes. Artistes, étudiants, journalistes, ouvriers, moines…, réclament tous le retour à la démocratie.

Journal télévisé du 1/08/2021

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