Côte d'Ivoire: l'épouse coutumière de Laurent Gbagbo et son fils l'attendent en Belgique

Laurent Gbagbo, libéré sous conditions par la CPI, ne retournera pas en Côte d’ivoire. La Cour pénale internationale veut le garder à disposition. La procureure peut toujours interjeter appel de son acquittement. La Belgique a donné son accord pour accueillir Laurent Gbagbo. Il devra se soumettre à des conditions précises : ne pas faire de déclarations à la presse, ne pas quitter sa future commune de résidence, et se présenter à la police chaque semaine.

Des contacts diplomatiques ont été pris entre la Cour pénale internationale et le gouvernement belge dès l’automne dernier.

La Belgique ne s’est pas opposée pas à un regroupement familial de Laurent Gbagbo avec Nady Bamba, sa deuxième épouse, et leur fils David.

Qui est Nady Bamba?

Nady Bamba est une ancienne journaliste. Elle est âgée d’une quarantaine d’années. Musulmane pratiquante, elle a épousé Laurent Gbagbo en 2001, lors d’un mariage traditionnel, au grand dam de l’épouse légitime, Simone Gbagbo. La jeune seconde épouse s’impose, et devient la chef de communication de son président de mari. Nady Bamba a eu un fils avec Laurent Gbagbo. Elle a quitté la Côte d’ivoire après la chute du président Gbagbo, en 2010.

La Cour de justice de l'Union européenne gèle ses avoirs et l’interdit de voyager en Europe. Motif : elle fait "obstruction au processus de paix et de réconciliation par l’incitation publique à la haine et à la violence et par la participation à des campagnes de désinformation". Des sanctions qui seront ensuite levées par la Cour de justice européenne. Mais Nady Bamba reste dans le collimateur de la justice ivoirienne.

Nady Bamba vit à Bruxelles avec son fils, David Al Raïs Gbagbo. C’est de la capitale belge qu’elle rendait visite régulièrement à son époux, à la prison de Schevenigen, près de la Haye. Une prison surnommée "Robben Island du Nord" par la presse ivoirienne.

Didier Reynders : "La Belgique soutient la justice internationale"

Les juges de la CPI de La Haye ont donc ordonné vendredi la remise en liberté conditionnelle de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo ainsi que de son allié Charles Blé Goudé, ex-chef de file des Jeunes Patriotes. Poursuivis pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, les deux hommes avaient été acquittés en janvier par la CPI mais leur remise en liberté avait été différée dans l'attente de l'examen d'un appel du Parquet.

La Belgique a accepté d’accueillir Laurent Gbagbo parce que, selon le ministre des Affaires étrangères, "notre pays collabore de manière très active avec les juridictions internationales et quand la Cour pénale internationale nous demande de recevoir une personne poursuivie dans le cadre d’une libération conditionnelle, l’apriori est favorable, d’autant plus qu’il y a des liens familiaux avec la Belgique. Bien entendu un tel accueil se fait dans le respect strict des conditions imposées par la Cour, et que nous allons demander de renforcer encore, notamment de devoir rester à tout moment à la disposition de la Cour pénale internationale, puisqu’il il y a une procédure d’appel qui est en cours. 

Charles Blé Goudé en Suède ?

Quant au co-accusé de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, libéré vendredi lui aussi, il ne devrait pas l’accompagner dans son exil belge.

Selon plusieurs sources à la Cour, la Belgique aurait refusé d'accueillir le chef des Jeunes patriotes, mais plusieurs Etats européens ont déjà été contactés par le greffe de la CPI et des négociations seraient toujours en cours.

L'un des critères facilitant la résidence d'un acquitté sur le sol d'un Etat membre de la CPI est basé sur les liens familiaux. Charles Blé Goudé aurait de la famille en Suède où réside sa soeur, qui était d'ailleurs présente à la Cour lors de la décision de libération.

 

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