Côte d'Ivoire: Alassane Ouattara conquiert Yamoussoukro et San Pedro

Des partisans d'Alassane Ouarrara à Douékoué
Des partisans d'Alassane Ouarrara à Douékoué - © Zoom Dosso (AFP)

Les forces d'Alassane Ouattara continuent à progresser vers le sud, vers les régions où Laurent Gbagbo garde de nombreux partisans. Elles se sont emparées mercredi de la capitale politique du pays, Yamoussoukro, et du port de San Pedro par où transitent les exportations de cacao.

Dans la soirée, le conseil de sécurité de l'Onu a adopté  à l'unanimité une résolution qui demande à nouveau à Laurent Gbagbo d'admettre sa défaite, et interdit notamment l'usage d'armes lourdes à Abidjan. Les heures de Laurent Gbagbo sembleraient comptées.

Depuis lundi, l'offensive des forces républicaines lancées dans le centre du pays  a progressé  rapidement. A part les villes de Douékoué, le carrefour stratégique de l'Ouest, et de Daloa, dans une région favorable à Laurent Gbagbo, les partisans d'Alassane Ouattara n'ont pas rencontré de vraie résistance. Ils évoquent même des ralliements par centaines, ce qui est impossible à vérifier.

Mais avec la prise de Yamoussoukro et de San Pedro, ce qui se profile, c'est la bataille  d'Abidjan.

Le  camp d'Alassane Ouattara a lancé un nouvel ultimatum à Laurent Gbagbo. La résolution du Conseil de Sécurité vient évidemment appuyer les mouvements sur le terrain.

La bataille d'Abidjan aura-t-elle lieu ?

Le président sortant, Laurent Gbagbo, annulé une conférence de presse mercredi soir. A peu près au même moment, l'Onu a voté à l'unanimité une résolution lui demandant à nouveau de quitter le pouvoir et interdisant l'emploi d'armes lourdes  à Abidjan.

Laurent Gbagbo va-t-il enfin accepter sa défaite électorale du 28 novembre. Ou livrera-t-il un baroud d'honneur sanglant à Abidjan, avec  les milliers de jeunes  pas du tout formés, des "voyous" selon  Barack Obama, au prix d'un bain de sang  dans  la principale ville du pays. Elle compte encore trois millions d'habitants, après qu'un quart d'entre eux aient fui pour se réfugier ailleurs, notamment dans des pays comme le Libéria, le Ghana ou le Burkina Faso. Ce serait devant les casques bleus impuissants et au prix de nombreux morts dans la première ville du pays, où résident encore de nombreux Français. C'est d'ailleurs la France qui a déposé le texte adopté mercredi par le Conseil de Sécurité. Le président Sarkozy, partisan de l'offensive en Lybie au nom de la protection des civils menacés par Mouammar Kadhafi, ne peut pas faire moins vis-à-vis des Ivoiriens, où l'on a vu des partisans de Laurent Gbagbo tirer des obus sur la population d'un marché ou menacer les casques bleus.

Après quatre mois  de palabres diplomatiques sans effet, Alassane Ouattara, le vainqueur  de l'élection du 28 novembre, a  créé une nouvelle armée - les forces républicaines- avec  les anciens rebelles des Forces nouvelles. Elles étaient dirigées par celui qui est devenu son premier ministre, Guillaume Soro. Et Les combattants  d'Alassane Ouattara ont tout d'abord lancé des opérations commando à Abidjan pour sécuriser les quartiers harcelés  par les partisans de Laurent Gbagbo et puis, lundi dernier, à partir du centre du pays l'offensive en cours.

 

Françoise Nice

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