Corps européen de solidarité : l'UE envoie des milliers de jeunes bénévoles partout en Europe

Bonnet vissé sur la tête et disqueuse à la main, Niels s’active de bon matin. Ce volontaire belge de 30 ans cloue de grandes planches en bois autour d’un barbecue en argile. Depuis son arrivée dans l’éco-village au mois de février, Niels enchaîne les travaux manuels. C’est une nouvelle vie qu’il est venu chercher en Finlande : "j’ai travaillé beaucoup dans la restauration. J’en avais un peu marre. Je voulais faire quelque chose d’utile."

Le Corps européen de solidarité donne la possibilité à des jeunes entre 18 et 30 ans de se porter volontaire pour des projets partout dans l’Union européenne. De l’accès à l’éducation, en passant par l’accueil de réfugiés ou la protection de l’environnement, toutes les activités proposées ont une dimension solidaire.

L’Union européenne prend en charge les frais de déplacement, le logement et la nourriture des bénévoles pendant leur séjour (de deux à douze mois). Cette aide financière permet aux volontaires de se consacrer entièrement à leur activité.

En quelques mois, ce Belge originaire de Ciney a déjà beaucoup appris : "je n’étais pas du tout un manuel à la base. Maintenant, je sais travailler avec du bois, du matériel de récupération comme les palettes. On apprend aussi à cuisiner pour un groupe. Une semaine sur six, on prépare un plat pour 25 personnes."

"On vient tous d’un endroit différent"

Et, si Niels n’est pas derrière les fourneaux aujourd’hui, d’autres s’activent dans la cuisine communautaire. Satu Kurki, la gérante du village, sa mère, Touya, et quatre volontaires coupent en lamelles des grands choux blancs. "C’est de la choucroute pour l’hiver ! ", s’exclame Satu.

Depuis le lancement du Corps européen de solidarité en 2016, cette mère de famille finlandaise a accueilli une vingtaine de volontaires. A travers son association, Satu Kurki veut promouvoir un mode de vie durable et désire encourager la création d’une communauté européenne autour de l’écologie.

Anne, une bénévole originaire de Dinant, apprécie cet échange culturel qui se traduit aussi dans les petits gestes du quotidien : "l’important, c’est de pouvoir partager des connaissances. On vient tous d’un endroit différent. Cela nous permet, par exemple, de découvrir de nouvelles recettes de choucroute. J’ai appris, il n’y a pas longtemps, qu’on pouvait mettre des carottes et des pommes."

En prenant part au Corps européen de solidarité, Anne cherchait surtout un peu de quiétude. "J’ai décidé de venir dans cet éco-village parce que j’étais en rupture avec beaucoup de choses dans ma vie. J’avais besoin d’un break.", confie la volontaire belge.

Dans le calme des forêts finlandaises, certains ont même trouvé une nouvelle famille. Eléonore vient d’Italie. Elle a noué des liens forts avec Touya, la mère de Satu. L’une parle italien, l’autre finnois. Une barrière linguistique qui ne les empêche pas d’être très complices :

"Les premiers jours, on était un peu timides. Donc, on a commencé à interagir avec des gestes et, avec le regard puis, nous avons commencé à parler. On utilisait beaucoup 'google translate' pour parler des choses importantes. Et, j’ai senti que je pouvais me confier. Elle m’a donné des conseils. C’est comme ça qu’on est devenue proche.", raconte Eléonore le sourire aux lèvres.

Un programme européen accessible à tous

Le Corps européen de solidarité s’adresse à tous les profils. Stéphanie Nowakowski, coordinatrice au sein du Bureau international Jeunesse, aiguille les volontaires en Belgique : "il n’y a pas besoin de formation. Il ne faut pas être diplômé de cinq universités ou parler cinq langues. C’est vraiment un programme qui se base sur la motivation, l’envie de partager et de donner de soi."

La Commission européenne prévoit d’envoyer plus de 100.000 volontaires dans l’Union européenne d’ici la fin de l’année 2020. Intéressés ? Rendez-vous sur le portail du Corps européen : https://europa.eu/youth/solidarity_fr.

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