Coronavirus: un sentiment anti-européen se propage à l'étranger

Coronavirus: Un sentiment anti-européen se développe à l'étranger
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Coronavirus: Un sentiment anti-européen se développe à l'étranger - © NHAC NGUYEN - AFP

La vidéo a fait le tour du web en Côte d’Ivoire. On y voit un DJ dans un restaurant bondé d’Abidjan, qualifier le coronavirus de "maladie des Blancs".

Lundi soir, le président ivoirien a demandé aux citoyens de lutter contre les fausses nouvelles et les croyances infondées. "Cette pandémie frappe tout le monde sans distinction de race, d’âge ou de religion", a-t-il martelé.

Mais, cette petite musique, ce sentiment anti-étrangers, s’installe et résonne dans plusieurs autres pays du globe au rythme de la propagation du virus.  

Les personnes qui ont la peau blanche sont devenues l’objet de méfiance

Cela fait huit mois que Laurence et Rudy, un couple de ressortissants belges, parcourent le monde en sac à dos. Ils ont posé leurs valises, il y a deux semaines, à Ho Chi Minh ville, dans le sud du Vietnam. "On a décidé d’arrêter de voyager pour notre santé et celle des autres", explique Laurence.

Le couple décide de se mettre en quarantaine "le temps d’analyser la situation". Mais, en quelques jours, l'ambiance dans les rues de la ville s'assombrit. Les regards sont méfiants, les gestes empressés. L’hôtel, dans lequel le couple a prévu de loger, annule leur réservation: "lls nous ont dit que l’hôtel était maintenant interdit aux étrangers. On a été averti à la dernière minute", précise Laurence.

Après avoir essuyé plusieurs refus, le couple se tourne vers la plateforme de location de logements de particuliers, Airbnb. Là aussi, certains propriétaires inquiets interdisent l’accès à leur bien à des Européens. A force de persévérance, Laurence et Rudy finissent par trouver un appartement.

Les soupçons suivent aussi les deux Belges dans la rue ou dans les supermarchés: "On ressent qu’on n’est pas les bienvenus. C’est parfois dur. Mais, on se dit qu’il ne faut pas le prendre personnellement.", relativise Laurence. 

Elle insiste. Si ce sentiment de méfiance existe, il est loin d'être généralisé: "Certaines personnes ont tout fait pour nous aider, par exemple, pour trouver des masques! " 

Ils pensent ici que ce sont les Occidentaux qui ont amené la maladie

Fabienne Meur était, elle, partie faire le tour du Maroc en camping-car. Avec 300 autres personnes, cette belge est actuellement bloquée pour quelques jours à la frontière de Ceuta, ville autonome espagnole, en raison d'un durcissement des mesures aux postes frontaliers terrestres. Là-bas aussi, certaines boutiques refusent de servir des clients étrangers: 

" Les gens ici pensent que ce sont les Occidentaux qui ont amené la maladie chez eux. On peut les comprendre. Ils ont des craintes. Ils n’ont pas les mêmes mesures de protection que nous. C’est une attitude tout à fait compréhensible", commente-t-elle avec philosophie. 

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